Le Matin d'Algérie

Jusqu’à quel degré de manipulation iront Bouteflika et son clan ?

Les journalistes sont réduits à couper les cheveux en quatre pour comprendre les demi-phrases prononcées par Bouteflika.

Une toute petite poignée de secondes remplie de mots à peine audibles enflamme la toile et ses commentateurs. Qu’a-t-il voulu dire notre président ? Entre ce qu’ont diffusé l’ENTV et l’APS, il y a comme un coup de ciseau maladroit qui a jeté le trouble dans les consciences aiguisées. Les deux dernières brèves apparitions du président candidat (Avec Ouyahia et Gaïd Salah) suscitent décidément interrogations, passions pour certains et inquiétudes pour beaucoup d’autre. D’abord la forme. Les quelques lignes que donnent l’APS et les commentaires de l’Unique renseigne sur l’inanité de ces rencontres. La dépêche de l’APS est l’exacte copie des précédentes concernant Gaïd Salah, hormis bien entendu cette phrase que le président a prononcée et que l’agence officielle n’a pu donner en entier.

Autrement, rien de bien nouveau. La sortie est une pure opération de com pour dire que le président est encore vivant, bien là.

Cependant les images montrent bien un Bouteflika qui n’arrive toujours pas à parler aux Algériens. Incapables de tenir une longue discussion donc de réfléchir et de diriger un grand pays comme l’Algérie. Sellal et Belkhadem, deux de ses plus fervents propagandistes l’ont reconnu : il est toujours malade, il a des épisodes d’absence. Alors pourquoi s’entêtent-ils à en faire un président à demeure ? Telle est la question.

Les sorciers d’el Mouradia devrait s’inspirer de l’ex-Fis. Le parti dissous a utilisé un laser pour faire apparaître Allahou Akbar sur le ciel du stade 5-Juillet, les Saïd Bouteflika, Sellal, Ouyahia, Belkhadem, Saadani, et toute la clique auraient dû se creuser les méninges et trouver un moyen pour faire apparaître Bouteflika au lieu de montrer piteusement aux Algériens un portait muet datant déjà de plusieurs années. Faute de génie, on se contente d’apparitions de quelques secondes que les techniciens ENTV filment avec un savoir-faire consommé de la manipulation.

En attendant le prochain montage millimétré des images d’une éventuelle apparition de Bouteflika dans la petite lucarne, Sellal, Benyounès, et la clique sont malmenés un peu partout. Presque à chacune de leurs sorties, ils sont pris à partie par la population.

Et l’Algérie alors ? Eh bien, elle sombre chaque jour un peu plus dans l’ennui, le ridicule, le sauve-qui-peut et la corruption intégrale.

Yacine K.

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