Le Matin d'Algérie

Bouteflika : une déclaration de 15 secondes pour deux ans de silence

De nombreux médias rapportent que Bouteflika a déposé en personne sa candidature. Soit, mais encore.

L’organisation des sorties médiatiques relèvent désormais de la science de la désinformation la plus aboutie. Les caméras et les reporters ne se sont pas déplacés par accident au Conseil constitutionnel. Une source les a bien informés de l’arrivée du cortège présidentielle. La mécanique de l’enfumage est bien huilée. Même l’APN est de la partie. Tout le monde connaît les capacités du pouvoir à organiser ce genre de rendez-vous avec la complicité des huiles du système.

Car effectivement que veut dire l’image furtive d’un président au regard hagard dans un véhicule officiel captée à l’entrée du Conseil constitutionnel ? Ou celle face à un Mourad Medelci en garde-à-vous attendant comme un élève devant son maître la signature d’une main hésitante qui officialise sa poursuite de son règne ? La voix caverneuse du président et les quelques mots lâchés en 15 secondes interrogent sur son bilan de santé. Le Conseil constitutionnel tout acquis au pouvoir n’en souffle mot, mais les images et le son sont éloquents. Sa feuille de sante relèverait-il du secret-défense ?

En tout cas, cette sortie rappelle surtout qu’il est encore vivant, mais rien d’autre. Hormis qu’il est décidé à revenir sur sa promesse de laisser le pouvoir aux jeunes. Se dédire est une seconde nature du bouteflikisme. Ni le bilan calamiteux de son règne, ni le danger qu’il fait courir au pays par son incapacité à diriger ne semblent le décider à renoncer.

A 77 ans, (dont 15 ans comme président et 17 ans comme ministre des Affaires étrangères), Bouteflika ne veut pas raccrocher. Sans voix, toujours en convalescence après son AVC, de nombreuses questions sur l’avenir proche et lointain de l’Algérie restent posées si d’aventure la paralysie imposée par son règne perdure.

Sofiane Ayache

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