Le Matin d'Algérie

La partialité de l’administration, signe avant-coureur de la fraude ?

Avant même l’annonce du Premier ministre Abdelmalek Sellal de la candidature de Bouteflika, les partisans du quatrième mandat s’agitaient déjà à travers le territoire national pour collecter les signatures de parrainage pour la candidature de Bouteflika.

Cette effervescence est montée d’un cran dernièrement pour gagner les administrations où des commis de l’Etat au mépris de toutes les règles et obligations de neutralité mobilisent les moyens de l’Etat pour collecter les signatures en faveur du président-candidat.

Il y a quelques jours les partis qui soutiennent la candidature de Bouteflika ont annoncé avec aplomb qu’ils vont collecter trois millions de signatures, cette annonce a été accueillie avec scepticisme de la part les observateurs, tant qu’une opération de cette envergure est techniquement et matériellement impossible à réaliser.

On comprend aujourd’hui l’accès d’assurance des supporters du quatrième mandat, l’administration sera mise à contribution pour collecter les signatures en faveur du candidat du pouvoir et la neutralité de l’administration est encore une fois renvoyée aux calendes grecque.

La collecte du plus grand nombre de signatures en faveur de Bouteflika, y compris par des manœuvres illicites, témoigne de la volonté du pouvoir de chercher désespérément un semblant d’adhésion populaire au projet de quatrième mandat alors que les actions de protestations et de refus se multiplient sur le terrain.

Dans plusieurs wilayas du pays, nos sources nous assurent que dans les mairies c’est le branle-bas du combat, l’activité principale des fonctionnaires consiste à remplir les petits formulaires bleus qui s’empilent sur les bureaux. A Khenchela l’un d’eux nous précise sous le sceau d’anonymat que « c’est une opération illégale, on puise dans le fichier électoral auquel on a accès les renseignements des citoyens à l’aide desquels on remplit le formulaire de parrainage et c’est l’agent bien sûr qui appose sa signature en bas et non pas le citoyen, ça va plus vite comme ça », nous confie-t-il ironiquement. Et d’ajouter : « Tout le monde est mis à contribution, même ceux qui sont au pré-emploi comme moi, ils doivent s’acquitter de la besogne sous peine de bannissement ».

Pour rappel, les signatures de citoyens ou d’élus sont indispensables pour les postulants à la magistrature suprême, conformément à l’article 139 de la loi de janvier 2012, et outre les conditions fixées par l’article 73 de la Constitution sont tenus de présenter, soit une liste comportant au moins 600 signatures individuelles de membres élus d’assemblées populaires communales, de wilayas ou parlementaires et réparties au moins à travers 25 wilayas, soit une liste comportant 60.000 signatures individuelles au moins, d’électeurs inscrits sur une liste électorale. Ces signatures doivent être recueillies à travers au moins 25 wilayas. Le nombre minimal des signatures exigées pour chacune des wilayas ne saurait être inférieur à 1.500. Tout électeur inscrit sur une liste électorale ne peut accorder sa signature qu’à un seul candidat.

Jugurtha Hanachi

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