Nous publions ce poème écrit par Mohamed Benchicou à la prison d’el Harrach en mars 2006 et extrait de « Je pardonnerai » – Recueil de poèmes de prison
Fais de mes peurs invaincues
Un bracelet pour tes chevilles
A l’heure d’écraser le Paradis
Sous tes pieds menus.
Et fais de mes rêves inachevés
Une perle sur ton front
Quant tu te prosterneras
Sous l’oreille de Dieu…
Prête-moi un souffle
De ton soupir apaisé
Pour éteindre les flammes
De mon enfer intime;
Une étincelle furtive
De ton regard céleste
Pour rallumer nos croyances consumées.
Ou un bout de tes lèvres
Pour rire de mes vanités …
J’ai vieilli mère, avec mes doutes,
Et j’entends l’enfant en moi,
Petit ruisseau perturbé
En quête d’une mer sereine.
Il me manque ta profondeur :
Comment prétendre à tes trésors ?
Laisse-moi rejoindre tes eaux
Pour y noyer les miennes
Et laver mon âme
De mes orgueils futiles.
Enlève-moi la force de haïr
Et redonne-moi la faiblesse d’aimer.
Comme quand j’étais enfant,
Beau.
Et libre.
Mohamed Benchicou
Prison d’El-Harrach
Mars 2006
Extrait de « Je pardonnerai » – Recueil de poèmes de prison
