Les émeutes qui ont éclaté, dimanche, dans la ville de Chlef se sont poursuivies hier. Dès dix heures, des affrontements entre des groupes de jeunes et les forces de sécurité ont éclaté, au centre-ville et à Boccâat Sahnoun, pour se propager, ensuite, à d’autres quartiers comme celui de Zebboudj. Les commerces ont aussitôt baissé leurs rideaux.
Au centre-ville, la situation a été maîtrisée aux environs de 12h30, mais à Boccâat Sahnoun, les heurts continuaient jusqu’en début de soirée. Malgré les arrestations opérées, des groupes de jeunes continuaient à jeter des pierres et autres projectiles en direction des gendarmes. Rassemblés dans différents coins de la rue principale de la ville, des dizaines de jeunes se sont attaqués aux policiers qui tentaient de les empêcher de s’approcher des institutions publiques. Au jet de pierres des émeutiers, les policiers ripostaient par des gaz lacrymogènes. La situation a duré plusieurs heures. « Nous n’arrêterons pas avant le départ du wali », déclarent des jeunes surchauffés. D’autres échauffourées ont également éclaté dans la ville de Chettia (à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya) qui a été durement touchée par les manifestations de dimanche.
Dans la matinée, l’agence postale et l’ex-Souk El-Fellah appartenant, actuellement, à un privé, et situés à Haï El-Houria ont été saccagés. Il en est de même d’un dépôt de produits pharmaceutiques appartenant, également, à un privé et situé au quartier Ouled Mohamed. Dans ce dernier quartier l’annexe de l’APC a été incendiée. Des hélicoptères de la gendarmerie survolaient, hier, la ville de Chlef à basse altitude.
A signaler que des renforts de services de sécurité ont été dépêchés, au cours de la journée de dimanche, des wilayas d’Alger, Médéa et de Khémis Miliana, notamment. Jusqu’à hier aucun bilan officiel du nombre d’arrestations n’était disponible. Certaines sources avancent, cependant plus d’une centaine d’interpellations, depuis dimanche.
Source Q.O., ElWatan
