Le Matin d'Algérie

Un front anti-4e mandat de Bouteflika se met en branle

Pendant que la polémique autour des déclarations fracassantes et comminatoires d’Amar Saadani occupe une grande part de l’actualité des journaux, des personnalités de la société civile et des hommes politiques s’activent pour constituer un barrage politique au quatrième mandat de l’actuel locataire d’El Mouradia.

Car tout l’enjeu de cette tempête médiatique (elle est seulement médiatique pour le moment) est bien la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d’avril. La salve contre le patron du DRS est un simple écran de fumée, mais un signe manifeste de la crise en haut lieu. 

Ainsi, Ali Yahia Abdennour, Taleb Ibrahimi et le général à la retraite Benyelles viennent de signer une déclaration commune pour exprimer leur refus ferme d’un énième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Ce sont donc trois personnalités au poids politique incontestable qui viennent de mettre les pieds dans la bataille contre le clan présidentiel. Pendant ce temps, le président garde mystérieusement le silence réduisant son activité au strict minimum, une ou deux apparitions de très courtes durées à la télévision nationale. Si l’on ignore tout sur l’état de santé réel du président et ses manoeuvres, on sait en revanche qu’il fait largement consensus contre lui.

Car sur le terrain, un nouveau front anti-quatrième mandat est en train de naître dans la société civile. Entre ceux qui sont écoeurés par la paralysie politique, la corruption et la gabegie et les opposants farouches au clan des Bouteflika, une alliance semble se dessiner.

Malgré son âge, l’ancien avocat Ali Yahia Abdennour s’est engagé corps et âme ces dernières années dans la lutte contre le pouvoir incarné par Bouteflika et le DRS. Il ne fait pas mystère de ses convictions que « le système entier doit partir », avait-il martelé à maintes reprises.

Dans une longue contribution parue en décembre, Ali Yahia avait dressé un tableau apocalyptique de l’Algérie. « Le Président malade contamine le peuple. La maladie se répand dans le corps social, plongé dans l’immobilisme et le statu quo. L’Algérie est à la dérive, en mal de repères et de boussole morale, à la limite de l’implosion », avait-il écrit.

R.N.

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