Qu’il est aisé de jeter la pierre à une institution étatique, et non des moindres, le redoutable DRS et son chef, le charismatique général Toufik.
La sortie fracassante du drebki de service s’apparente beaucoup plus à une vendetta opposant le clan de Tlemcen et ses acolytes à l’homme qui se veut être le dernier des Mohicans quant à la reconduction à un quatrième mandat de notre impotent président, cachant en définitive, d’accaparer l’exercice d’un pouvoir présidentiel par procuration dont, Saïd, le «conseiller spécial» et néanmoins petit frère Bouteflika, à la Richelieu, excelle, dans l’art de faire et défaire les carrières depuis quelque temps.
La sortie médiatique actionnée du pantin et ex-bateleur de foire Amar Saadani, la mise à la retraite de bon nombre d’officiers du DRS ,la dissolution de sa police judiciaire et de ses encombrants dossiers criminels nous renseignent sur la politique de la terre brûlée que compte faire le clan de Tlemcen, ses courtisans et les puissances d’argent mal acquis, histoire d’étouffer dans l’œuf, leurs plus sinistres forfaitures, et par là même, échapper aux cours de la justice, comme hier l’était l’énergique Chakib Khalil. Mohamed Cherfaoui, l’ex-garde des sceaux, dans une lettre ouverte parue à El Watan, n’est pas allé pas 36 chemins pour enfoncer encore plus le S.G du F.L.N dans sa tentative de soudoyer la justice pour extraire, son comparse de ministre, des griffes des enquêteurs : « Si Amar, vous m’avez proposé “amicalement” d’extirper Chakib Khelil de l’affaire Sonatrach 2 ». Cette querelle de clochers met en exergue les tartuffesques desseins inavoués de ceux, qui s’évertuent en tribun, à jouer la sainteté.
Le lapsus linguae révélateur de M. Tayeb Louh notre Ministre de la justice sur les ondes de la radio nationale «Nous allons appliquer les lois de la république dans toute leurs rigueur pour la sécurité des biens et des personnes». Est-ce à dire qu’auparavant, elles ne l’étaient pas ?
Gouverner, c’est prévoir dit l’adage, il a fallu qu’il y ait mort d’homme à Ghardaïa, pour que l’on se décide, enfin, en hauts-lieux à agir pour rétablir le droit et la discipline. Dans des pays de droit, la loi est implémentée en tout temps et en tous lieux, et nul n’en est au-dessus. Force, reste à la Loi ! Depuis 15 ans, pour raison d’Etat et de paix sociale, les passe-droits, le laisser-aller et le laissez-faire ont fini par plonger le pays dans une anarchie qui ne dis pas son mot, larguée à-vau-l ’eau, les atteintes à la Res Publica (Chose publique) se font jour sans risques aucuns d’être poursuivis, l’impunité dans toute sa splendeur, la dilapidation et les détournements du denier public, la rapine, la corruption, jamais égalées sous aucune présidence que celle de ces trois derniers mandats, il est vrai que bon nombre de lampistes ont été condamnés tels des esclaves jetés en pâtures dans la fosse aux lions, quant au gros gibier l’on s’arrange, toujours, à lui faire réserver une porte dérobée à l’aéroport d’Oran ou d’ailleurs.
L’extradition du golden boy algérien Abdelmoumen Khalifa et son jugement sera, à coup sûr, pleins de rebondissements. Affaire donc à suivre. L’observatoire contre la corruption, cette bonne blague pour faire taire la vox populi, n’est jamais montée au créneau pour mettre le holà à ces pratiques mafieuses, ou du moins, les dénoncer.
Et, le peuple dans tout ça ? Le peuple, la plèbe continuera à broyer du noir, à se nourrir de mille illusions et mille rêves, d’être à l’écoute et à la quête d’un oblatif de président, pour mieux répondre à ses aspirations, à un état de Droit, à l’indépendance de sa justice et à une bien meilleure répartition de ses richesses. Il est vrai, l’oblativité n’est pas, en ci-temps-ci, en odeur de sainteté dans les arcanes du pouvoir. Dur ! Dur, est, ce temps d’incertitude qui n’arrête point son cours !
Brahim Ferhat
