Salem Chaker : Ils ( les Aarchs) ont été représentatifs sans doute pendant une année, ou un peu plus, après les évènements de 2001. Il y a périodiquement comme cela en Kabylie des mouvements de masse, des réactions spontanées qui peuvent être extrêmement vives, mais qui ne sécrète pas de véritable stratégie sur la durée. Il suffit alors à l’Etat d’être patient pour récupérer, neutraliser, infiltrer, en jouant sur la lassitude. C’est dans cette réalité que s’inscrit l’expérience des arouch. On y retrouve cette espèce d’inachèvement et d’immaturité politique qui caractérise la Kabylie. C’est une région qui génère de manière cyclique de grands mouvements de contesta-tion, sans que ceux ci parviennent à un degré de maturation politique qui leur permette de s’inscrire dans la durée. Peut-être parce qu’il y a une culture d’opposition, voire de victimisation, mais pas de culture de projet.
Source : l’hebdomadaire l’Express
