Le Matin d'Algérie

Affaire du bébé "Gaya", le tribunal d’Arris se déclare incompétent

Les voies de la justice algérienne demeurent impénétrables, alors que le tribunal d’Oran a d’autorisé le prénom Massilia le mois dernier, le tribunal d’Arris dans une affaire identique vient de se déclarer incompétent.

L’avocat du père de Gaya, maître Kouceila Zerguine qui était également celui du plaignant dans l’affaire de Massilia, s’astreint au devoir de réserve et refuse de commenter cette décision de justice, il nous précise cependant que le tribunal d’Aïn Touta (Batna) a déjà statué en faveur d’un nouveau-né portant le même prénom « Gaya » (en 2001), il ajoute qu’il va introduire une action en juste dans les plus bref délais devant le tribunal administratif de Batna.

Une discrimination flagrante qui n’a aucune assise juridique 

Le 16 juillet dernier, le Premier ministre lors d’une visite dans la wilaya de Tizi Ouzou a annoncé que le ministère de l’Intérieur a parachevé une nomenclature de prénoms berbère contenant 300 prénoms, elle a été divulguée quelque jour après et dont laquelle le prénom Gaya figure en bonne place (N 55), le premier ministre avait même déclaré à la presse. « Nous n’avons aucun problème avec tamazight. 90% des Algériens sont des Amazighs, alors qui est ce fou qui va renier sa langue mère ? ». Seulement voilà, l’affaire de Gaya vient de démentir les propos du premier ministre et prouver qu’il y a encore bel et bien un problème avec tamazight.

Le prétexte de « la consonance algérienne”

Le juge du tribunal d’Arris s’est référé à l’article 64 de l’ordonnance n° 70-20 relative au code de l’Etat civil qui stipule que « les prénoms des nouveau-nés sont choisis par le père, la mère, ou en cas de leur absence, par le déclarant », l’aliéna 2 rajoute que «les prénoms des nouveau-nés doivent être de consonance algérienne » ce qui est assurément le cas des prénoms berbères tel Gaya ou Massilia alors que d’autres prénoms tels Saddam, Khomeiny, Laëticia, Caméllia qui n’ont rien d’algérien passent souvent comme une lettre à la poste, cette discrimination drapée des oripeaux de la légalité est constamment dénoncée par les juristes qui demandent la levée de cette confusion et exigent le respect de la constitution qui reconnait la dimension berbère comme une composante essentielle de l’identité algérienne .

Pour rappel Me Kouceila Zerguine a déjà saisi plusieurs instances internationales de droits de l’homme dans le cadre de cette affaire.

Jugurtha Hanachi

Quitter la version mobile