Le Matin d'Algérie

Messieurs de la presse locale, basta !

« Le premier, Allah créa la plume. Et Allah lui parla ainsi: écris ! Depuis ce jour, elle fait diligence et rapporte tout ce qui arrive. » (Ibn Quoteiba)

Il fût un temps ou le credo fétiche du journal Le Chroniqueur, l’hebdomadaire locale était: « Notre métier n’est ni de plaire, ni de blâmer mais celui de porter le couteau dans la plaie… »

Un temps du reste très mouvementé par les événements douloureux qu’a connu notre pays, mais ceci n’empêchait pas pour autant, journalistes, correspondants et pigistes d’être au front et à la hauteur de leurs tâches, et de contribuer d’une façon comme d’une autre à l’essor de développement du pays et à l’instauration de l’Etat de droit. Que de titres provocateurs, des « unes » dénonciatrices de l’incurie, de l’empirisme, de la gabegie, de la forfaiture, et, du largage à-vau-l ‘eau de la vie communautaire, de l’économie nationale et de la déculturation galopante. Ne cédant à aucune menace, ni intimidation et encore moins à l’appel des sirènes des autorités locales de l’époque, de braver le danger et dire, par leurs écrits, ce que beaucoup de gens pensaient tout bas, tout était nickel ! Personne n’osait transgresser la Loi, de peur d’être démasqué et renvoyé.

Autres temps, autres mœurs, depuis que la corporation journalistique locale, et là, nous ne généralisons point, donne libre cours à la médiocrité, au compte-rendu « cocotte-minute”, aux formules creuses , aux expressions stéréotypées et, s’est habituée aux salons feutrés, aux cadeaux, au thé au miel et les petits fours, le brossage dans le sens du poil se fait violence sur le lecteur, le citoyen, la cité et le pays. A force d’être versatile et affichant un mépris à l’opinion publique, leurs « écrits » ont poussé bon nombre de citoyens de ne leur accorder aucun crédit. Le devoir d’informer implique une probité intellectuelle, et un engagement au service du peuple pour mieux défendre ses ambitions légitimes, et de surtout s’abstenir de falsifier le cours de l’histoire, de ne point se formaliser des comportements des tenants du sérail local.

Censée être un moment de communion avec l’exécutif de la wilaya, la Journée nationale de la Presse à Médéa s’est limitée à des salamalecs sans intérêts, l’association locale des correspondants de presse semble voguer à vue d’œil, aucune activité notable à son actif, et forcément qui fait l’âne, ne doit s’étonner de voir les autres lui monter dessus.

Par votre silence complice vous avez trahis les sans-voix, les sans-logis, les sans-le sou, les pauvres et tous les opprimés, des à-coups, des ratés, des défaillances de plus en plus nombreux rythmaient la vie de la ville et la wilaya-sinistrée de Médéa, au point d’être poussées au bord de l’abîme. Le « cache-moi donc ce sein que je ne saurai voir » semble être de mise, Tartuffe n’a qu’à bien se tenir !

Le pays, les citoyens aspirent à une presse crédible, honnête et éducative qui n’a pas besoin de faire la courbette ou le baisemain pour s’attirer la sympathie de quelques-uns au détriment de tous les autres, que dis-je, au détriment de l’éthique et de la déontologie. Le propos, ici, est loin de faire le moralisateur mais de dire basta à ces pratiques de veulerie d’une si noble profession. Vœu pieu… Sera-t-il écouté ?

Brahim Ferhat

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