Le ton monte entre Alger et Rabat. Depuis une semaine, c’est à un concert de petites phrases assassines que s’emploient les deux voisins.
L’acmé de cette confrontation verbale a eu lieu mercredi. Le Maroc a décidé de rappeler en consultation, ce jour, son ambassadeur à Alger, a rapporté l’agence MAP, citant un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération.
Le ministère a expliqué que « cette décision fait suite à la multiplication des actes de provocations et d’hostilités de l’Algérie à l’égard du Royaume », notamment s’agissant du différend régional au sujet du Sahara occidental. Tout s’est accéléré depuis l’intervention, le 28 octobre dernier, de Tayeb Louh au nom du président à Abuja. Dans son allocution, le président préconise la prise en charge par les Nations unies de la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental, selon la même source. Donc de plus grandes prérogatives à la Minuso. Il a insisté aussi sur « la nécessité de la mise en place d’un mécanisme de suivi et de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental est plus que jamais d’actualité », a indiqué le président Bouteflika dans ce message à la conférence africaine de solidarité avec la cause sahraouie, rapporte l’agence officielle l’APS. Ramtane Lamamra a, dans une déclaration, abondé dans le sens du président en invitant le Maroc « à la retenue ».
Ce qui a conduit explique la source marocaine au rappel de son ambassadeur à Alger. Toutefois, rassure, le ministère des affaires étrangères, durant la période de rappel en consultations de l’ambassadeur, les représentations diplomatiques et consulaires du Maroc en Algérie continueront à fonctionner sous l’autorité d’un chargé d’affaires a.i, a ajouté le ministère. Même si les relations sont loin d’être rompues, elles demeurent tendues depuis la fermeture des frontières terrestres par le Maroc en 1994, une décision qui avait irrité Alger en proie alors au terrorisme islamiste.
Pour le moment, la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) surveille le cessez-le-feu conclu en 1991 entre le Maroc et le Front Polisario soutenu par l’Algérie. Bien que le cessez-le-feu ait été généralement respecté, une période de transition n’a pas encore pu être instaurée pour mettre en oeuvre le plan de règlement approuvé par l’ONU.
Sofiane Ayache
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