Le Matin d'Algérie

Les "dépités" vous font la nique !

Ils sont sénateurs et députés siégeant aux hémicycles de l’APN et du sénat, censés faire une sorte de lobbying pour ramener des projets grandioses de développement socio-économique pour la wilaya qu’ils représentent.

Trahis par un jour dénonciateur, lors de la visite du Premier ministre dans la wilaya de Médéa, par les maigres dividendes récoltés de cette « promenade » ministérielle longtemps préparée par les exécutifs de la wilaya et des communes visitées, un éphémère projet, du temps de feu Houari Boumediene, sorti des tiroirs, seule consolation du moment d’ailleurs, et consistant à faire de Béni-Slimane la nouvelle Mitidja du pays. Les représentants « élus » du peuple étaient tout sourire et amabilité lors de la rencontre de M. Abdelmalek Sellal avec la société civile, allant, toute honte bue, jusqu’à demander le maintien du wali actuel dans ses fonctions pour on ne sait quels services et quelles réalisations au profit de la wilaya sinistrée dont il a charge.

Ils sont sénateurs et députés siégeant aux hémicycles de l’APN et du sénat, censés faire une sorte de lobbying pour ramener des projets grandioses de développement socio-économique pour la wilaya qu’ils représentent. Le sont-ils vraiment ? Bon nombre d’entre-eux ne sont là que pour faire partie du décor et se font  son pour la caisse de résonance qu’est devenue l’APN, en somme des bustes creux, et par la même bomber le torse de l’opprobre et de leurs « arrivisme » par tirelire interposée à leurs tribus et douars. D’autres se sont fait chiffonniers et  gros bras pour s’assurer la bénédiction d’un S.G de parti, tombé en disgrâce depuis, pour arriver à leurs fins. Ils sont incultes, analphabètes et béni-oui-oui à outrance, ils sont législateurs et ne connaissent pas un traître mot du Droit et encore moins le définir.                          

Profitant de leurs rangs et de leurs statures, ils se sucrent sur le dos de l’Etat et du peuple, gracieusement payés, roulant en voiture dernier cri ; ils font des affaires et transgressent impunément lois et règlements de ce pays. Nos policiers et nos gendarmes font souvent les frais de cette immunité parlementaire exhibée, à tout bout de champ, allant des infractions du code de la route à l’agression d’une femme- ingénieur de l’Algérienne des Eaux dans l’exercice de sa fonction du côté de Ksar el Boukhari. La démocratie à l’algérienne mène à tous les excès. Il est cependant très remarquable de noter qu’aucun « élu » à ces hautes sphères du pouvoir peut se targuer d’avoir été l’initiateur d’un quelconque projet de loi portant sa griffe et encore moins d’un quelconque apport profitable à la ville de Médéa et les lointaines contrées sinistrées de la wilaya. Comble du mépris, aucun office, aucun point de chute de représentation de ces quidams ouvert aux citoyens pour s’enquérir de leurs besoins, de leurs aspirations n’est visible aux quatre coins de la wilaya. 

Forcément l’esprit est ailleurs… une retraite bien pépère, des grosses cylindrées et des acquis et des privilèges à conserver le plus longtemps possible. En attendant, les jeunes écoliers, les femmes enceintes, les impotents, nos aînés de Guelb El Kbir, de Baata, de Kef Lakhdar, de Aïn Boucif, de Chahbounia et d’ailleurs continueront à braver les aléas qui leur font la vie dure et à traîner leurs godasses pour un avenir incertain.

Et pendant ce temps-là  les bustes creux alignés de l’APN et du Sénat, font étalage de leurs signes extérieurs de richesse, de leurs insolence et terminent « dépités » par faire la nique à tous ces gens, qui  hier, les ont portés aux nues. Ceci ne pas sans nous rappeler la fable du renard et le buste: Le renard louant l’effort de la sculpture: « Belle tête, dit-il ; mais de cervelle point. »

Brahim Ferhat

Quitter la version mobile