Le Matin d'Algérie

Octobre, les victimes et les bourreaux d'Alger

L’homme est né pour perpétuer des horreurs. Il est l’expression du néant pour son incapacité a aimer son autre à travers le miroir de son créateur. (Brahim Gater)

Assassins et victimes en parfaite cohabitation, enterrent la démocratie et défient les fondements de la convention de Genève.

La mort en Algérie est devenue banale, n’est plus un sujet de questionnement ou de remise en cause. Le peuple ne produit plus d’émotions et de larmes pour pleurer ses morts, accepte l’ordre établi et se trouve à la frontière de la résiliation avec son histoire. 

La raison d’Etat prime sur les raisons de l’existence de l’Etat, se confine dans le subterfuge du sécuritarisme. Une politique à la dimension universelle pour justifier le crime et flirter avec les conventions internationales afin de protéger les criminels, les commanditaires et les complices.

De ces personnes qui vivent avec le peuple et qui sont tueurs, tortionnaires, commanditaires et complices dans l’accomplissement d’un acte criminel pour pousser l’âme a quitter le corps d’un Algerien sous la torture, par égorgement ou à bout portant.

Combien sont-ils de ces hommes qui sont arracheurs d’âmes et qui habitent nos quartiers ?

Des centaines ?

Des milliers ? 

Comment vivent-ils leur présent ? 

Certains ont rendu l’âme et demeurent dans l’attente du jugement divin ?

D’autres, les présents, ont-ils la paix de l’âme ?

Une paix pour avoir participé a produire de milliers de veuves et d’orphelins, des millions de mères, pères, soeurs et frères qui ont perdu des êtres chers. Ces innocents qui n’ont pas de réponse à leur malheur, qui vivent dans une douleur permanente et muselés à jamais par le destin. 

De ces personnes assassinées, de ces corps retrouvés, de ces tombes bâties et de ces cimetières érigés à la dimension d’un monument contre l’oubli, le peuple cohabite avec ces tueurs pour ne pas mourir pour toujours. Ces parents qui restent attachés aux tombes de ceux qui sont partis par amour aux vivants, induites dans l’erreur par des calculs politiciens pour justifier le refus de la démocratie à tout jamais.

Ces autres parents de disparus, ces oubliés qui n’ont pas le droit d’avoir des droits. Le droit de savoir, de comprendre, le droit de construire une tombe ou un monument. Un lien d’attachement de ces disparus avec leur patrie. Ces victimes, resteront attachés aux photos et aux vêtements de ces hommes partis pour ne pas revenir. Un attachement pour conserver le parfum et ne pas oublier les traits et le sourire de ces êtres chers.

Nous sommes victimes de la course au pouvoir, victimes de la démocratie, victimes du refus de partage des pouvoirs. Finalement, nous sommes victimes de nos richesses, de notre indépendance et des hommes qui nous gouvernent. Par nos devisions, nous sommes victimes de nous-mêmes. 

Je ne voudrais nullement creuser dans la douleur de cette population meurtrie à jamais et je ne voudrais pas que ce grand sacrifice serve non plus les intérêts et les desseins de ceux qui ont planifié la destruction de la patrie et qui demeurent en partie dans le sucrier du pouvoir. 

Pour ne pas oublier l’ensemble des victimes de la révolution d’octobre, du courage de ceux qui luttent pour faire jaillir la lumière de la vérité et des non-dits. Je profite de l’Aid El-Adha pour présenter à ceux et à celles qui vont se recueillir sur la tombe de leur être cher mes meilleurs vœux de santé, de patience et du courage. Que Dieu vous garde et vous protège en cette heureuse occasion. 

Mes meilleurs voeux aux membres du quotidien le matin et à mes lecteurs. Aidkoum Mebrouk.

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