Bouteflika a présidé le premier conseil des ministres dimanche à Alger.
Après dix mois sans conseil des ministres, on s’attendait franchement à une batterie d’annonces fortes dimanche. Certains journaux avaient même supputé l’étude de la très délicate révision constitutionnelle. Mais il n’en fut rien. En vrai, le croire c’est méconnaître le fonctionnement profond du système Bouteflika et ses auxiliaires. Voire ouvrir une lucarne d’espérance qui n’a pas lieu d’être. Sept projets textes législatives sont certes présentés au conseil des ministres. Rien, cela dit, sur les grands équilibres futurs de l’Etat. Hormis le projet de loi sur l’audiovisuel sans cesse revoyé à plus tard et la loi de finances 2014 avec ses promesses de croissance et de réduction d’inflation difficiles à tenir.
On en arrive à penser que ledit conseil a été surtout tenu pour couper l’herbe aux rumeurs sur l’aggravation de la santé du président et son évacuation encore une fois à l’étranger. Mercredi, un conseil des ministres devait se tenir, mais il a été annulé à la dernière minute. En raison du manque de transparence dans la gestion du gouvernement et des affaires de l’Etat, ce qui a ouvert la porte à des informations qui étaient difficiles à vérifier. Au demeurant, il y a lieu aussi de préciser que la très officielle Agence presse service ne l’avait pas annoncé, reléguée depuis quelque temps par de nouveaux sous-marins médiatiques chargés de relayer l’information du pouvoir.
Les images et plans de coupe répétés des caméras ont montré un président toujours aux traits fatigués et dont le regard, quelquefois perdu devant l’immense table ovale du gouvernement, interroge toujours sur ses capacités réelles à diriger un pays confronté plus que jamais à des choix économique et politiques pertinents et urgents.
A six mois de la présidentielle, l’Algérie est plus que jamais dans l’expectative. Les manoeuvres de coulisses, l’agitation des relais du pouvoir et surtout l’absence d’une alternative crédible dans le camp démocratique rendent cette échéance porteuse de faux espoirs. Voire de réelles menaces de changement dans la continuité.
R. N.
