Encore une fois, le conseil des ministres annoncé par quelques sites d’informations et quotidiens « autorisés » n’a pas eu lieu.
Mercredi encore, quelques titres de la presse nationale, réputés pour avoir « leurs sources proches de la présidence », ont annoncé la tenue d’un conseil des ministres dans l’après midi. Cependant, il n’y a eu que du vent. Pas de conseil, ni de Bouteflika en vue. Le Président qui « suit les affaires du pays » est pour le moment dans l’incapacité de tenir un conseil des ministres. De rencontrer le nouveau gouvernement au complet. Il n’est manifestement pas totalement remis de son accident vasculaire.
Mais alors qui a manipulé qui dans cette affaire de conseil des ministres ? Car on badine pas à ce niveau de responsabilité. Y avait-il une volonté de donner une fausse information pour faire accroire que tout est rentré dans l’ordre. Ou alors ce faux scoop participait-il des nombreux leurres que lance le clan ? Pourtant, certains titres auteurs de cette information sont passés maîtres dans l’art de donner des informations officielles avant l ‘APS, jouant ainsi le rôle d’organe officieux du pouvoir. Et ce n’est pas la première fois qu’on nous annonce la tenue de ce fameux conseil des ministres comme un événement alors que sous d’autres cieux, il est dans le fonctionnement normal de tout gouvernement.
Faut-il donc comprendre que la non-tenue du conseil des ministres a été un simple raté dans la distillation de l’information ? Car, il faut avouer qu’entre ce qu’avancent le premier ministre et le fraîchement secrétaire général du FLN, il n’est pas toujours facile d’y voir grand-chose. Tant les déclarations frisent la palinodie.
Difficile d’y voir clair donc. Le pouvoir nous a habitué cependant à l’absence de transparence, aux ombres chinoises. A la manipulation. Une chose est certaine depuis l’avènement d’Abdelmalek Sellal à la tête du gouvernement, on ne se rappelle plus du dernier conseil des ministres. Il remonte précisément à décembre dernier. D’ailleurs, dans une déclaration pour le moins étonnante, Sellal en personne n’avait-il pas minimisé l’importance de ces conseils ?
Pire cependant que toutes ces pratiques peu honorables. Depuis 10 mois, aucune loi n’a été examinée ou adoptée par le parlement. Députés et sénateurs sont de fait payés à ne rien faire. La maladie puis la convalescence du président a conduit à la paralysie de plusieurs strates du pouvoir.
Mais en vrai le premier ministre a bien raison : à quoi bon un conseil des ministres quand on sait que les affaires se règlent en comité resteint. Entre le président et trois ou quatre personnes…
Yacine K.
