Le Matin d'Algérie

Saâdani en marionnette du ridicule

Amar Saâdani, grâce au concours du clan, décroche enfin la timbale. Il tambourine son accession au poste de SG du FLN. La caste prédatrice, source de la gouvernance obscure de nos jours, l’intronise ridiculement en manipulant administration et justice.

Donc, après une longue agitation stérile, la montagne accouche d’une sourie. L’insignifiant Saâdani est intronisé à la tête du premier appareil compresseur du pays. C’est suivant le désir et le deal établi par les mains invisibles qui tirent les ficelles. Belayat, en adversaire figurant, a bien rempli sa mission. Après qu’il fût acteur expert du complot scientifique concocté à l’encontre de feu Mehri, cette fois-ci le scénario l’a confiné dans le rôle du rival bon perdant. Mais en réalité, points de vaincus, au FLN c’est toujours une scène maison fabriquée de toutes pièces pour perpétuer un front de libération qui ligote aujourd’hui plus qu’il libère.

Une querelle de sérail comme les précédentes ; elle s’achève comme prévu. Montée de toutes pièces, la scène est parfaitement jouée. Des adversaires s’agitent, des institutions judiciaires se querellent et l’administration s’implique. Tout est mobilisé en logistique de guerre pour maquiller une entente préétablie en course effrénée. Vers la fin c’est le nom Saâdani porté par la rumeur qui est placé là où les maîtres désirent. La fin justifier les moyens et il n’ y a pas de fumée sans feu.

Amar Saâdani a fait enfin consensus pour jouer simplement le rôle de SG du FLN. Il ne sera alors ni libre ni affranchi. Sa conduite lui sera dictée suivant une feuille de route bien précise. Sa fonction, plus comique que politique, consistera alors à soutenir et soutenir davantage. Il sera là en clown, pour louer une personne le matin et la dénigrer le soir. En rigolo, Il dira la veille, toute honte bue, une chose et affirmera à l’aube son contraire. En comique, il vantera aussi un fait qu’il désenchantera le lendemain. Il sera comme ses prédécesseurs, sans principe ni parole. C’était ainsi que fonctionnaient les SG du FLN à quelques exceptions prés.

Ainsi coopté, Saâdani, l’ancien drabki, agira en marionnette dont le sort est entre les mains de ses parrains. Asservi, soumis et neutralisé, ce personnage dont l’ascension est anomale, sera poussé aux bourdes, car son ignorance et sa médiocrité le prédisposent. Il terminera facilement en Amar la gaffe, comme un certain Nounou la gaffe. Mais avec un drabki inculte, c’est le ridicule qui est poussé trop loin. Le top du risible semble très dépassé par cette nomination grotesquement caricaturale.

Mais l’appétit vient en mangeant. En poupée remodelable puis en chargé de mission, Saâdani, comme une rigole, sera utilisé pour faire passer tous les plans machiavéliques de la caste prédatrice. Il sera bassement maintenu en poste en fonction du temps exact qui lui est déjà imparti. Ensuite, il sera honteusement éliminé par un coût d’état scientifique, par le billet de la justice nocturne ou par un vote préfabriqué de méfiance. Comme ces prédécesseurs d’ailleurs. Il sera directement jeté aux oubliettes. A ma connaissance aucune SG du FLN n’a accédé au poste de Président de république.

Zoubir Zerarga

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