Le Matin d'Algérie

Le billet de banque qui bloque la monétique

« On peut expliquer à un homme qu’un billet puisse être scotché, ce n’est pas le cas de la machine », schématise M. Boufenara, directeur de la communication d’Algérie Poste, qui ne manque pas d émettre des réserves sur le délai imparti à la généralisation de la monétique. »

Cet argument lu dans un article d’El Watan (édition du 9 octobre 200 – l’Algérie découvre les exigences de la monétique) me donne le même sentiment que lorsque vous entendez une personne jouer du mandole (Oud) et qui, malheureusement, ne se rend pas compte que son nouvel instrument (Distributeur Automatique Bancaire, DAB, monétique) est déréglé. Alors que dans le domaine de la monétique, si l’on continue avec l’exemple de la Nuba, nos voisins Marocains, Tunisiens et Egyptiens seraient déjà dans l’Insiraaf (mi-chemin), nous en Algérie, nous en sommes encore à l’Is’tikhbaar/Touchia (début), et cela à la fin de l’année 2007 !

Comment émettre des réserves sur le délai à la généralisation de la monétique ou mettre

en cause les billets de 200 DA scotchés ? Que faire avec les billets de 500 DA scotchés ?

Avant, c’était les lignes téléphonique PTT qui n’étaient pas disponibles (Karaoké des Banques algériennes). Pourtant la qualité des billets de banque en Egypte (ou en Inde) n’est pas beaucoup mieux qu’en Algérie ! La différence par contre, c’est que eux, ils «managent » c’est-à-dire « discutent et résolvent » ces problèmes de monétique, au fur et à mesure.

Prenons l’exemple de l’Inde : Lorsque l’Inde s’est engagée dans la monétique vers l’an 2000, sur les 45 milliards de billets de banque, 70% étaient disons « sales », chez nous « scotchés ».

Actuellement l’ordre des billets sales est de 10 à 15% ! La formule adoptée est issue du travail d’un haut fonctionnaire de la RBI (Banque Centrale d’Inde), qui a mis en place une directive avec le projet clean note ( billet propre) et a fait en sorte que les banques appliquent cette directive, un homme qui tient parole (sic).Résumé de la directive : la Banque Centrale Indienne livre aux établissements de crédit (banque, Poste, etc) uniquement des billets en bon état, solution à comparer avec un linge qui vient du dégraissage/pressing.

1- Les Banques doivent procéder au conditionnement des paquets de billets au moyen d un emballage en papier, et non plus avec un emballage en élastique ou un fil de fer qui détruit les billet en deux.

2- Les Banques doivent trier les billets de banque (réutilisables ou non-réutilisables) et ne donner au public que les billets (réutilisables), c est à dire propres. Les billets sales doivent être remis à la banque centrale.

3- Les Banques doivent cesser d’écrire sur les billets de banque.

A notre niveau et au stade où se trouve actuellement l’Algérie, une solution très simple à réaliser se présente pourtant : Le fournisseur des billets de banque (Banque Centrale) ne doit fournir aux banques que des billets en bon états. La Poste/Banque doit embaucher des jeunes pour TRIER les billets (écarter les billets « scotchés », etc) ou bien mettre dans les DAB uniquement des billets en bon état. Avec tous les jeunes sans emploi, l’importance et le retard sur ce dossier, cela me parait plus logique de suivre la même formule.

C’est en tout cas mieux que de continuer à dépenser des sommes énormes (retard=argent perdu) avec des pseudo-experts et que de faire subir ce calvaire aux algériens, aux quatre coins du pays, à chaque fois qu ils veulent retirer LEUR argent auprès des DAB. Une chose « banale » utilisée sur presque l’ensemble de la planète, … et surtout lorsque vous connaissez bien le fonctionnement de la monétique, comme la Nuba ou encore la ‘Maqamat’

Said Zerourou

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