Le Matin d'Algérie

La question reste posée : où va l’Algérie ?

La société évolue dans tous les sens. Les mœurs se sont dégradées sinon elles ont complètement changé. La violence s’est installée dans le comportement de chacun de nous. Dans la rue, sur la route, à la maison, au travail, dans les hôpitaux, dans les stades, etc.

L’Etat aussi évolue dans tous les sens. Les services publics se sont dégradés sinon ils ont complètement changé. La corruption s’est installée dans leur fonctionnement. La bureaucratie grippe les engrenages de l’administration que seules les connaissances et la corruption lubrifient.

Jamais la rupture entre le peuple et ses gouvernants n’a été aussi consommée que durant cette décennie qui s’achève et que d’aucuns voudraient voir continuer encore. Les citoyens sont dans le désarroi le plus complet devant l’administration mais aussi devant eux-mêmes. Les conflits qui naissent mettent énormément de temps pour être réglés par les voies de droit. Impatients, les citoyens recourent souvent à la violence pour se faire justice eux-mêmes à défaut d’efficacité des institutions publiques.

Un citoyen, après plusieurs plaintes, finit par céder devant le harcèlement de ses voisins. Il prend son fusil de chasse, se ceinture d’une cartouchière pleine et s’en va régler leur compte à ces détracteurs après la rupture du jeûne. C’était comme s’il venait de rompre avec la paix et le bon voisinage. Il tire pour tuer deux personnes et en blesse autant d’autres.

D’autres citoyens, pressés, agacés par l’état des routes, la multiplication des ralentisseurs, des ronds-points aux dimensions gênantes et la densité du trafic, meurent quotidiennement dans des accidents aussi tragiques que la situation du pays.

Plus de 300 milliards de dollars n’auraient pas été rapatriés par une dizaine d’exportateurs auxquels le Gouvernement est décidé à régler leur compte. Pourtant, les exportations hors-hydrocarbure ne couvrent qu’à peine 2% de l’ensemble des recettes du pays. De qui manque-t-on ? Tout le monde sait pourtant que ce sont ces importateurs qui gonflent leurs factures qui transfert les devises vers l’étranger par le truchement des crédits documentaires. Mais nos dirigeants savent diriger les enquêtes et les orienter comme celles de Sonatrach et Sonelgaz. Dieu merci ! La Justice Italienne échappe à leur contrôle. Elle vient de lancé des mandats d’arrêts internationaux contre les Algériens impliqués dans ces scandales qui défient encore la chronique.

Ces mafieux défient la Justice algérienne en s’adressant, par presse interposée, à leurs détracteurs en les menaçant de révélations plus gênantes et plus compromettantes pour tout le monde. Impliqués dans plusieurs affaires séparées, des responsables continuent à bénéficié de la liberté provisoire et se permettent de se rendre à l’étranger même sans être inquiétés par la Police des Frontières.

Un citoyen journaliste de son état, pour avoir osé publier un article sur l’état de santé du Président de la République, article pourtant censuré, est accusé de haute trahison et interdit de quitter le territoire national. Pourtant il doit s’estimer heureux ! D’autres journalistes ont payé cher leur audace.

Des militants syndicalistes sont poursuivis, harcelés, menacés pour avoir dénoncé la corruption ou critiqué la gestion catastrophique de leur entreprise. Devant leurs plaintes, la Justice se déclare incompétente quand elle ne les condamne pas.

Abdellaziz Djeffal

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