Quoiqu’ils disent, ils ne disent rien. Avec du néant, nos gouvernants tentent de maquiller une vacuité éternelle. Du néant au vide, ils s’accommodent toujours du rien au milieu. Et en vendeurs perdants, ils commercialisent la bagatelle.
Comme on dit, l’on ne cache pas le soleil avec un tamis. Mais nos chétifs dirigeants le font en dissimulant la vacance qui caractérise leur gouvernance. En effet, le vide est là et s’empare de toutes les institutions. A commencer par la présidence dont le locataire est médicalement en exile parisien. Il est parti pour se reposer d’un AVC probablement causé par trop d’appétits qui entourent une succession vidée de toute sa substance démocratique. Et voilà que la vacance s’éternise et la succession s’enlise à cause du vide constitutionnel. Car effectivement, l’article 88 de la Constitution ne précise pas la maladie grave du Président et sa durée. Encore, il y a aussi l’absence de l’heureux élu.
Mais il y a le chef de l’équipe gouvernementale pour sauver les meubles d’un Etat aux abonnés absents. Le premier ministre se déplace partout, toutefois dans le vide quand il se met à développer un discours creux. Toute sa politique trébuche à cause des cavités sur lesquelles elle repose. A son arrivée, il s‘est attaqué aux vendeurs à la sauvette qui ont occupé les espaces vacants, produits de l’indisponibilité commerciale de l’Etat. Trop de jeunes ont été poussés par le vide et l’oisiveté pour vendre dans l’informel. Mais les jeunes préfèrent une occupation informelle au vide éternel. Alors, ils résistent et l’Etat à cause du néant qu’il offre, abdique. L’anarchie, en pourchassant la vacuité, réoccupe l’espace qui lui revient de droit, au vu des vides juridiques.
Ailleurs, secteur par secteur, la sécheresse est visible. Le vide entoure les décisions et prolonge les attentes. La loi sur l’audiovisuel, mise en stand by, est vidangée de son essence du moment que des chaînes TV de droit privé algérien, émettent déjà. Le code de l’investissent attend des décideurs qui tergiversent et qui hésitent entre la lacune d’une nationalisation socialiste et le néant d’une renationalisation libérale. En téléphonie, le 3G bascule d’un lancement virtuellement imminent à un retardement réellement prolongé…
Le parlement, dans ses deux chambres, remplit à merveille la fonction de boîte aux lettres vidant en conséquence la mission parlementaire de tout son sens. Sénateurs et députés, accrocs de l’absentéisme, avalent toutes les pilules du vide qui leur sont soumises. Rien ne les empêche à ne pas lever les mains. Pis, pour toute sollicitation, lever les mains – pas du tout vides quand elles empochent le salaire faramineux -, constitue leur sport préféré.
Même l’alliance présidentielle est plongée dans le néant. En fin de mission, le MSP version Mokri bascule dans l’opposition stérile. Le RND, s’accommode d’un chef intérimaire dont l’action nulle et vaine, plaide pour le statu quo et la prédominance du néant. Quant au FLN, en attendant des instructions d’en haut, le vide occupe son comité central et le vice s’empare de ses cadres. Comme à l’accoutumée, la décision et le choix ne lui reviennent pas. Il ne fait que suivre ses maîtres pour perpétuer la vente du néant, activité qu’il maîtrise depuis maintenant cinquante ans.
Zoubir Zerarga
