Le Matin d'Algérie

Le Mujao menace de tuer les 3 diplomates algériens

Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) a proposé à Alger de libérer un des diplomates algériens en otage, contre la libération de trois de ses combattants détenus en Algérie.

Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) ne proposerait donc plus de rançon contre la libération des trois diplomates qu’elle retient depuis avril 2012. Mais tout bonnement un des diplomates algériens en otage, contre la libération de trois de ses combattants détenus en Algérie. Le compromis est difficile à réaliser quand on connaît la fermeté des autorités algériennes.

« Le Mujao demande au gouvernement algérien de libérer trois moujahidines » actuellement détenus en Algérie, selon un communiqué officiel du Mujao, signé de son porte-parole, Abu Walid Sahraoui. Alger obtiendrait en échange la libération de l’un des diplomates algériens otages du Mujao depuis avril 2012, affirme le communiqué, dont l’AFP a obtenu copie. Le texte ne précise pas l’identité des « moujahidines » en question. Bien entendu, dans son communiqué, l’organisation narco-djihadiste n’évoque pas le sort des deux autres otages. Le Mujao menace que « si l’Algérie refuse la proposition, la vie des otages algériens sera en danger ».

Sept diplomates du consulat algérien dans la ville malienne de Gao (nord) avaient été enlevés le 5 avril 2012 par le Mujao, qui, en alliance avec Aqmi et d’autres groupes islamistes, a occupé le nord du Mali pendant des mois, jusqu’à l’intervention de l’armée française en janvier 2013.

Dans un premier temps, le Mujao avait exigé la libération de combattants islamistes prisonniers en Algérie et 15 millions d’euros pour les relâcher, avant de libérer trois otages en juillet 2012 à l’issue de négociations secrètes. L’arrestation de trois importants terroristes à Ghardaïa aurait conduit à la rupture des négociations et au changement de position du Mujao. Cette organisation a, dans un communiqué rendu public en septembre exigé leur libération. Devant le refus d’Alger d’accéder à son exigence, le Mujao a tué un des otages. Mais l’information n’a jamais été confirmé par l’Algérie. Mais le ministre des Affaires étrangères se cache sous l’absence de preuves. Une position qui se défend mais qui ne rassure nullement.

Le 10 juin dernier, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci a affirmé disposer « d’informations rassurantes » sur la situation des otages.

R.N./AFP

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