Ma foi, l’on n’arrive toujours pas à sortir de l’auberge.
Le pays va mal et des voix interposées continuent à spéculer pour vendre un candidat présidentiel du groupe qu’elles représentent. Pourtant, le problème réside plus dans le mode de non-gouvernance mise en place par un système honni et non pas dans ces personnes qui défilent pour perpétuer l’erreur et le mensonge.
Dire que tel candidat est l’homme de la situation constitue un grand mensonge. Parler de consensus autour d’une personnalité est une pure illusion. Evoquer la lutte contre le fléau de la corruption pour appuyer une candidature est un égarement infini. Car il s’agit de plus que cela. Il s’agit tout d’abord d’abattre le système maffieux et ensuite passer à la refondation de la république et son mode de gouvernance. Sinon, point de salut et c’est la continuité !
En effet, annoncer sa candidature en dehors d’un mouvement politique bien structuré et avec une ligne politique claire et bien définie, échappe à toute la science politique qui existe au monde. Car, de toute évidence, c’est la base militante qui porte au devant le candidat potentiel. Les partis et les mouvements des pays démocratiquement avancés organisent des primaires pour cela ! Mais hélas, la politique à l’algérienne place la charrue avant les boeufs. Le candidat sans parti ou mouvement politique, est alors un acte pervers de la pratique politique. N’est-il pas urgent de travailler plus pour réhabiliter l’acte politique et la militance que de les pervertir davantage par ces candidatures sans couleurs et sans goût ?
Plaider encore pour un candidat du consensus est une aberration d’esprit. Car, de quel consensus veut-on parler ? Certainement de celui qui arrange les militaires ou de celui qui protége le système. Comme d’ailleurs le consensus qui a imposé une imposture durant trois longs mandats. Heureusement que la biologie a tordu le coup à ce consensus, sinon facilement l’on aura passé au quatrième mandat. Donc, ces consensus dont on parle avec insistance sont politiquement incorrects, parce qu’en politique il faut qu’il ait de la contradiction, de l’opposition et de la différence. Sinon, c’est de l’unicité stérilisante qui fige et l’esprit et le corps. Elle a été d’ailleurs infligée au pays depuis l’indépendance avec une pseudo-ouverture en 1988. Et nul n’ignore ces conséquences ravageuses. N’est-il pas temps de rejeter ce genre de consensus malsain et basé sur la mauvaise foi ?
Donc tous ces faits d’annonce constituent des diversions pour noyer le véritable problème qui est le système lui-même, dont seul le départ définitif constituera la solution la plus salutaire. Que ces pseudo politologues analysent à leurs guises et que ces journalistes soutiennent à outrance, rien ne changera tant que c’est le système honni qui fixe les règles du jeu. Et il faut être dupes pour gober leurs friandises empoisonnées ou acheter leurs marchandises pourries.
Nul ne peut oublier que Zeroual et Benbitour n’ont pas émergé en dehors du système. Ils étaient là quand on a volé l’argent des Algériens, quand on a assassiné des opposants, quand on a emprisonné pour délit d’opinion, quand on a réprimé la culture et la langue amazighes et enfin ils ont tous les deux occupé des hautes fonctions, chef d’Etat puis Président de la république pour le premier, chef du gouvernement pour le second. Ironie du sort, ils ont été tous les deux poussés à la démission. Qu’ils évoquent en toute transparence les véritables raisons de leurs démissions. Ou s’agissait-il d’un silence protecteur ?
Revenir présentement pour vendre leurs candidatures n’est qu’une pure illusion politique. Que peuvent-ils faire maintenant quand ils ont vieilli devant un système qui les a broyés alors qu’ils avaient le pouvoir et la jeunesse. Niet. Il vaut mieux retenir la leçon, car le vote qu’il soit présidentiel, législatif, communal ou référendaire, n’a jamais constitué une solution. Pis, il a toujours été pris comme un moyen pour entretenir la déroute et la tromperie politiques. Pour en remédier et définitivement, il faut tout d’abord abattre le système et fédérer l’effort pour refonder l’Etat algérien et de préférence dans une version fédérale.
Zoubir Zerarga
