Le Matin d'Algérie

La décadence programmée du tourisme en Algérie

C’est une évidence que de dire que le secteur du tourisme est à la traine par rapport aux secteurs de nos voisins immédiats et par rapport aux autres pays de la méditerranée. Pourtant notre pays a des atouts indéniables, puisque sa situation géographique, historique et ethnologique est comparable voir similaire à celle des pays méditerranéens.

C’est une évidence que de dire que le secteur du tourisme est à la traine par rapport aux secteurs de nos voisins immédiats et par rapport aux autres pays de la méditerranée. Pourtant notre pays a des atouts indéniables, puisque sa situation géographique, historique et ethnologique est comparable voir similaire à celle des pays méditerranéens.

Avant d’entamer les causes qui ont conduit ce secteur à la dérive, revenons un peu sur critères universels favorisant de développement du tourisme dans un pays ou une région donnée. Pour tout pays qui souhaiterait faire du tourisme un vecteur économique de développement durable, il doit disposer :

A l’instar des pays voisins, notre pays possède quelques uns de ces critères mais pas d’autres. Seulement chez nos voisins, on a su adopter, avec sérénité et maitrise, une approche et une démarche en rapport avec les moyens dont ils disposent, en posant les jalons un à un, étape par étape à l’effet d’édifier et bâtir solidement les bases cardinales nécessaires à l’essor de ce secteur. Leurs efforts et leur pragmatisme ont abouti au niveau qu’on leur connait actuellement. Pourtant chacun de ces pays a choisi une voie différente de l’autre en ciblant un « créneau client » bien distinct de l’autre.

Pas chez nous en Algérie. Pourquoi ? (that is the question)… A ce sujet je serai particulièrement ravi de voir réagir les lecteurs du matindz, notamment les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie (Agents de voyages et hôteliers). Cependant et ce jusqu’au début des années 1980, le tourisme algérien était sur la bonne voie. 

En effet il y avait un programme ambitieux : des hôtels de bon niveau sont inaugurés chaque année, des écoles hôtelières formaient des techniciens de bon niveau, les meilleurs sont envoyés à l’étranger pour une formation supérieure. L’image de l’Algérie, la destination Algérie était soignée et entretenue, des représentations du tourisme étaient à pied d’œuvre dans les pays ‘émetteurs’ tels la France, l’Allemagne, la Suède, l’Italie, la Suisse, le Royaume Uni…. Malheureusement aujourd’hui tout ça a disparu. De Charybde en Scylla, d’année en année le secteur du tourisme sombre dans la médiocrité et la déchéance : de Ministère à part entière, il est passé à Vice Ministère, puis Secrétariat d’Etat, jusqu’à devenir un simple office de tourisme.

Durant les années 1990, multipartisme oblige, le ministère du Tourisme est devenu un portefeuille d’enjeu politique sans intérêt puisqu’il est attribué, en guise de contre poids ou de quota, à tel ou tel parti politique. 

Sans mémoire il est devenu une coquille vide, un secteur sinistré. Le sous secteur de l’hôtellerie, entendre la gestion du parc hôtelier, n’est pas mieux loti, car il n’a jamais connu une telle décadence, que depuis qu’il a été placé sous la tutelle de la tristement célèbre Gestour. Je ne peux pas omettre d’évoquer la démarche avortée de la privatisation des hôtels. En voici des exemples édifiants classés par ordre décroissant de débâcle: 

Cette opération a été confiée à Gestour. Quelle monumentale erreur ! Parmi toutes les formules de privatisation possibles, la Sgp Gestour a choisi la plus désavantageuse :

C’est ainsi que des cadres tunisiens et marocains ont été formés et se trouvent propulsés comme Directeurs d’hôtel dans des chaines internationales, non seulement dans leurs Pays respectifs, mais partout dans le monde. Les pays voisins et ceux d’Europe (ex- pays socialistes) ont choisi la formule de cession des hôtels aux professionnels, formule adéquate pour pérenniser et développer la profession. Opération réussie chez nos voisins à telle enseigne certains bénéficiaires se sont retrouvés à la tête de chaine hôtelière. 

Attention toutefois, cession aux professionnelles ne veut nullement dire don, mais plutôt une formule de vente avec conditions spécifiques. En plus de l’insuccès (du bide devrai-je dire) de la privatisation, une autre opération, non de moindre importance, est confiée à Gestour et à Sahli. Il s’agit de la réhabilitation et la mise à niveau des hôtels pour Gestour et de la construction des Mariott, Sheraton et autres équipements des Résidences officiels pour Sahli. 

Parions que les deux démarches ont de fortes chances d’aboutir à un scandale en série du type que connaît la Sonatrach aujourd’hui.

Felah K.

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