Si le quotidien français avance que Bouteflika est « dans un état grave », Abdelmalek Sellal, lui est confiant. Il promet un retour rapide du président.
Si le quotidien français avance que Bouteflika est « dans un état grave », Abdelmalek Sellal, lui est confiant. Il promet un retour rapide du président.
Abdelaziz Bouteflika est toujours en soin au Val-de-Grâce, selon Le premier ministre Abdelmalek Sellal. Seulement, selon le quotidien français Le Parisien dont les informations sont « confirmées par deux sources dont une militaire », tient à préciser le journal comme pour donner de l’importance au scoop, le président « est toujours soigné dans l’établissement parisien et se trouve « dans un état grave » ». Le Parisien ajoute, en mettant le conditionnel, « qu’il serait désormais en soins intensifs ».
Abdelmalek Sellal est encore sorti de son silence pour évoquer l’état de santé du président. « Après avoir subi des examens médicaux à l’hôpital Val de Grâce à Paris, le président de la République, dont le pronostic vital n’a jamais été engagé et qui voit son état de santé s’améliorer de jour en jour, est tenu, sur recommandation de ses médecins, d’observer un strict repos en vue d’un total rétablissement », affirme-t-il. Plus optimiste encore, il ajoute que «la maladie du président Bouteflika ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir ». Le même Sellal avait déclaré, le jour de l’évacuation du président au Val-de-Grâce : « Il y a quelques heures, le Président a eu un petit malaise et a été hospitalisé mais sa situation n’est pas du tout grave ». C’était il y a 23 jours.
Après un silence inhabituel qui aura duré plus de deux semaines, les médias français commencent à s’intéresser à la santé de Bouteflika. Il y a quelques jours c’est le site lepoint.fr qui avait donné le la. L’hebdomadaire français croyait savoir « qu’il serait très mal en point ». Pire, « il est arrivé à Paris très mal en point », assure au Point.fr un haut fonctionnaire français. La chaîne d’informations en continu BFMTV, citant le Quai d’Orsay, affirme aujourd’hui que le président est toujours en soins en France. Ce qu’a confirmé Sellal.
Dans une déclaration à RFI aujourd’hui lundi, Hervé Bourges, ancien conseiller de Ben Bella et proche de Bouteflika a affirmé : « Il n’y a pas de nouvelle officielle, la seule chose que je sache c’est que normalement il ne serait pas à Alger, mais toujours à Paris au Val-de-Grâce, assure Hervé Bourges. Mais je n’ai pas d’information officielle. Ce que je sais aussi, c’est que lors du dernier Conseil des ministres, qui s’est tenu à Alger mercredi dernier, je crois savoir que le Premier ministre a indiqué qu’il avait eu le président au téléphone et il a même donné des précisions en indiquant que « il fallait aller dans tel sens avec la coopération avec la Chine », car il doit y avoir une rencontre importante entre les deux pays pour mettre au point des textes nouveaux. »
Admis le 27 avril à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, pour un accident vasculaire célébral, selon la version officielle, d’abord donnée par son médecin, puis reprise par Sellal et la présidence dans l’unique communiqué qu’elle a rendu publique, la santé du président suscite beaucoup d’interrogations en ce sens où la communication officielle s’est montré d’une réserve proverbiale. Inévitablement, les informations en compte-gouttes alimentent le débat dans la rue et certaines rédactions. Deux journaux de Hicham Aboud ont été interdit de parution dimanche pour avoir écrit que Bouteflika a été rapatrié mercredi dernier à Alger « dans un état comateux ».
Mais qui croire ? Qui dit la vérité ? Qui ment dans cette histoire d’un président dont le séjour hospitalier se prolonge anormalement eu égard aux raisons invoquées de son évacuation en France ? A quoi rime ce jeu d’ombres auquel les Algériens assistent médusés. Si la maladie du président ne paralysait pas l’Algérie sur le plan politique et économique, on aurait fait l’impasse sur ces informations contradictoires. Mais hélas, c’est de l’Algérie et de son devenir qu’il est question ici.
Yacine K.
