Le Matin d'Algérie

L’AACC – ambassade des USA : guerre de communiqués sur une rencontre

L’ambassade des Etats-Unis avait reçu Djilali Hadjadj (porte-parole de l’association algérienne de lutte anticorruption) pour une rencontre d’une heure. Seulement, l’ambassade a pondu un communiqué dont voici la teneur.

« En réponse aux articles publiés le 12 mai relatifs à une rencontre entre des responsables de l’ambassade et M. Hadjadj de l’Association de Lutte contre la corruption, nous incitons les rédacteurs en chef à vérifier les faits avant la publication du contenu fourni de manière unilatérale. La vérification des faits est une caractéristique du journalisme professionnel et l’ambassade américaine est plus que disposée à répondre à ce genre de demandes. »

L’accusation de l’ambassade des Etats-Unis visant la presse algérienne est à peine voilée. Le communiqué de l’ambassade sous-entend rien de moins qu’il n’y a pas eu de rencontre et accuse par-là même les journaux ayant publié le communiqué de l’AACC de manque de professionnalisme. Les donneurs de leçons se nichent décidément partout. A la décharge de l’ambassade de l’Oncle Sam, c’est l’Association de lutte contre la corruption qui revient à la charge pour confirmer son premier communiqué. 

Précisions de l’AACC 13 mai 2013 à 13h

« J’ai pris connaissance d’un communiqué de l’ambassade des USA en Algérie qui évoque les articles de la presse algérienne relatifs au communiqué publié par notre association le 11 mai 2013. Je remarque tout d’abord que ce communiqué de l’ambassade des USA en Algérie n’est pas signé.

Les diplomates américains qui m’ont reçu le 17 avril dernier, et à leur demande, avaient été informés, à plusieurs reprises, durant la rencontre qui a duré une heure de temps, que notre association publiera un communiqué de la rencontre (ce que nous avons fait le 11 mai 2013) et ces diplomates n’avaient émis aucune objection à ce sujet. Étant autonome et indépendante, notre association n’a pas soumis ce communiqué à l’approbation des responsables de l’ambassade américaine en Algérie, et lors de la rencontre du 17 avril, ces mêmes diplomates n’ont nullement demandé un droit de regard sur notre communiqué avant sa publication ; ce que de toutes les manières nous aurions refusé.

L’ambassade américaine en Algérie a été destinataire de notre communiqué le samedi 11 mai dans l’après-midi et dès le dimanche matin 12 mai, les services de l’ambassade nous adressaient un mail « accusé de réception » de notre communiqué. »

Alors en quoi la publication d’un communiqué rendant compte d’une rencontre entre une association réputée pour sa liberté et l’ambassade américaine pouvait-elle gêner à ce point cette dernière ? Pourquoi cet empressement à accuser la presse de manque de professionnalisme ? 

Yacine K.

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