Le Matin d'Algérie

La présidence tente de rassurer l'opinion sur la santé de Bouteflika

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dont l’état de santé « s’est nettement amélioré », doit observer « une période normale de repos prescrite par ses médecins », a indiqué mardi un communiqué de la présidence de la République.

La présidence aurait donc retrouvé mardi la parole qu’elle avait perdue depuis l’évacuation d’urgence de son locataire vers l’hôpital militaire français le Val-de-Grâce. il a fallu donc plusieurs jours pour que les services d’El Mouradia soient réactivés. L’objectif ? Rassurer les Algériens et donner l’illusion que tout continue de fonctionner malgré la maladie et l’éloignement du président. Une maladie sur laquelle d’ailleurs on communique avec une prudence sans pareille.

« Les premières investigations effectuées à l’hôpital militaire Mohamed-Seghir-Nekkache d’Aïn Naâdja (Alger), où le chef de l’Etat avait été admis le samedi 27 avril 2013, suite à l’accident ischémique transitoire sans séquelles qu’il a subi, avaient montré que son état de santé ne suscitait aucune inquiétude », rappelle le communiqué. L’affirmation n’est pas anodine, c’est une façon de montrer que les hôpitaux algériens sont compétents, contrairement à toutes les déclarations entendues ces derniers jours ici et là. La présidence veut redorer le blason d’un système de santé qui montre depuis des années des signes inquiétants. Pire, la présidence se contredit tout de suite après puisqu’elle poursuit : « Ses médecins lui avaient recommandé, néanmoins, des explorations médicales complémentaires à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce, à l’issue desquelles le président de la République va entamer la phase de repos prescrite ». Car si « l’état de santé du président ne suscitait aucune inquiétude » pourquoi son évacuation d’urgence, « les explorations médicales complémentaires » et une convalescence dont on ignore la durée. Mystère et boule de gomme.

Rappelons que le président Bouteflika a été évacué le 27 avril vers l’hôpital militaire Val-de-Grâce en France à la suite d’un accident ischémique transitoire, selon un communiqué du professeur Rachid Bougharbal, présenté comme étant son médecin. Celui-ci avait d’ailleurs assuré que le président allait quitter l’hôpital au bout d’une semaine. 

Yacine K.

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