Le Matin d'Algérie

Abassi Madani accuse la « réconciliation nationale » de Bouteflika d’être à l’origine du regain de violence

Alors que la Charte pour la « réconciliation nationale » n’en finit pas d’être mise à mal par la recrudescence du terrorisme, les anciens chefs islamistes montent au créneau, un à un, pour dire ce qu’ils pensent de la politique du pouvoir. Après Benhadj, c’est au tour de Abassi Madani de s’exprimer sur le sujet.

Selon le journal en ligne « Tout sur l’Algérie » qui cite un entretien publié aujourd’hui par le journal qatariote Al-Rayah, l’ancien numéro un du FIS-dissous aurait déclaré que « c’est la politique de réconciliation nationale menée par le pouvoir qui est à l’origine du regain de violence de ces dernières semaines en Algérie. La réconciliation nationale est la vraie cause de ses violences », aurait-il dit en substance.

Abassi Madani a pris prétexte des déclarations de l’imam Al-Qaradaoui à propos de la situation politique en Algérie pour expliquer que l’appel lancé par ce dernier en faveur de la réconciliation nationale n’est pas «réaliste». On se rappelle qu’il y a quelques semaines, dans un message adressé à Bouteflika après l’attentat de Batna, Al-Qaradaoui avait apporté son soutien à sa politique dite de « réconciliation nationale ».

Les propos de l’imam semblent avoir éveillé une fibre pacifique qu’on ne connaissait au chef islamiste lorsqu’il avait lancé ses milices à l’assaut de l’Algérie. « Cheikh Al Qaradaoui sait que le peuple algérien recherche la paix, mais pas à n’importe quel prix ! Il veut une paix juste qui rendra sa dignité au peuple», aurait-il déclaré le réfugié Madani.

Cette intervention, juste après la sortie médiatique Ali Benhadj de mardi dernier − l’ex-numéro deux de l’ex-FIS, qui s’est fendu d’un communiqué pour interpeller la France, sommée de présenter ses excuses pour ses crimes coloniaux et invectiver le pouvoir qui « a instauré une injustice flagrante sans pareille dans l’histoire de l’Algérie » − n’est pas fortuite.

En s’exprimant quasi simultanément sur ces sujet d’intérêt national, dans cette période préélectorale, le tandem du parti islamique dissous chercherait-il à réinvestir la scène politique nationale ? Benhadj, qui ne rate une occasion d’afficher son opposition au pouvoir, ne cache pas son intention de reprendre du service en politique.

La surenchère nationaliste et l’offensive oppositionnelle des chefs islamistes réhabilités par la « réconciliation nationale » participe d’un scénario que l’on nous a déjà joué par le passé, un plan machiavélique qui a précipité l’Algérie dans l’impasse actuelle.

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