L’un des militaires les plus hauts gradés, qui n’avait pas encore abandonné le président syrien Bachar al-Assad, a fait défection vers la Jordanie voisine et a déclaré dans une entrevue, samedi 16 mars, que le moral des membres du régime s’est effondré, rapporte l’Associated Press.
Le major général Mohammed Ezz al-Din Khalouf a annoncé sa défection du régime Al-Assad dans une vidéo diffusée sur la chaîne satellite d’Al-Arabiya où on peut le voir près de son fils, le capitaine Ezz al-Din Khalouf, qui s’est enfui avec lui. Le général Khalouf a déclaré que plusieurs personnes soutenant le régime ont perdu foi en lui, bien qu’ils continuent d’accomplir leur travail. Il a également affirmé que des combattants du groupe militant libanais Hezbollah combattaient en Syrie «à plus d’un endroit», sans donner plus de détails.
Un militant membre de l’un des groupes rebelles qui ont aidé le général Khalouf et sa famille à quitter le pays, Seif al-Hourani a dit qu’Ezz al-Din Khalouf, le fils du général avait pris contact avec les rebelles, il y a six mois, et leur avait donné des informations avant de leur demander de l’aide pour faire sortir la famille de Syrie.
Il y a six jours, a précisé al-Hourani, des rebelles ont fait passer le général, sa femme et trois de leurs enfants de Damas à la province de Sweida, dans le sud, puis, deux jours plus tard, les ont été transportés à Daraa. Enfin, vendredi 15 mars, lors d’une accalmie à Daraa, les rebelles ont pu conduire le général et sa famille ont pu passer la frontière jordanienne.
Au sein du régime, le général Khalouf était le responsable des approvisionnements et le ravitaillement en carburant des forces syriennes. De nombreuses défections parmi les conscrits et les subalternes ont sapé l’infanterie syrienne, ce qui rend très difficile pour le régime de reprendre le terrain perdu aux mains des rebelles, mais les armes lourdes et l’aviation permettent au gouvernement de bombarder les régions rebelles, même s’il est incapable d’en reprendre le contrôle.
Le régime continue toutefois à se fissurer pendant que les forces rebelles étendent leurs zones de contrôle et accroissent la pression sur la capitale, Damas. Samedi, des rebelles ont ciblé le plus grand bâtiment dans la ville orientale de Deir al-Zour avec une voiture piégée chargée d’une bombe de deux tonnes, provoquant des affrontements avec les troupes du régime, ont annoncé la télévision d’État et des militants.
Jacques N. Gobout
