Écris, valet !
Déverse tes boniments, el ghachis est ameuté
Écris de ton poison, le royaume est en danger
Va ! écris !
Écris ! comme le fussent tes devanciers
Ces bachaghas, ces caïds et ces harkis, autrefois serviteurs zélés de leurs maîtres nourriciers
Te voilà à présent leur héritier, je voulais nommer les serviteurs du royaume d’Alger.
Écris, valet ! Le royaume nourricier est en danger
Écris de ta plume ensorceleuse, car ceux, qui refusent la servitude, sont farouchement indignés
Hocine s’est braqué, les hommes à la nuque raide se sont dressés et la toile a grondé avec sa foule virtuelle déchaînée
Soit reconnaissant envers tes maîtres nourriciers
Écris que nous ne sommes pas ces Rois ripoux, ces Rois sans majesté, ces ripoux de juillet, par quoi nous sommes affabulés, et d’être les ennemis de leur ghachi pouilleux ! dont nous sommes accusés ! et d’avoir cruellement sacrifié !
Pire ! que nous avons trahi le serment de novembre un certain juillet
Va ! déverse ton élixir captieux
Écris et dit que nous sommes les meilleurs serviteurs de leur ghachi indu, à qui nous sommes dévoués, à lui, à ses peines et à sa patrie,
avili comme il est, il gobera tout ce que tu dis
Va ! dis ! que c’est, en vérité, notre grande famille qui leur a ôté leurs chaînes et les a dotées d’une patrie, d’un gîte et de quoi occuper leurs boyaux, autrefois affamés
Dis que ces gueux sont trompés par la main de l’étranger, et qu’en vérité, se sont nous leurs meilleurs alliés
Écris mieux que ces nuques raides et leurs flèches empoisonnées, dans lesquels, ils incitent leur ghachi morveux à se dresser, dans des tirades bien ajustées, contre ton royaume nourricier
Soit reconnaissant envers tes maîtres protecteurs
Lorgne leurs prouesses et soit carnassier
Lorgne leurs tirades empoisonnées contre ton royaume nourricier :
Debout les attelés, votre dignité est souillée ! et tant pis pour les résignés…
Debout les enchaînés, vos fers ont rouillé ! et tant pis pour les Fatigués…
Youcef Benzatat
