Le Matin d'Algérie

Rapt de touristes en 2003 : El Para, le grand absent du procès

Deux présumés terroristes, accusés d’avoir pris part en 2003 à l’enlèvement de quinze touristes étrangers dans le Sahara algérien et d’activer sous les ordres d’Amari Saifi, alias Abderrezak El Para, comparaîtront mardi devant le tribunal criminel d’Alger.

En plus de l’accusation de rapt de touristes étrangers, les deux mis en cause devront répondre de l’inculpation de trafic et d’importation d’armes prohibées. Le rapt des quinze touristes étrangers, dont dix de nationalité allemande, avait eu lieu en février 2003 dans le Sahara algérien, près des frontières avec le Mali.

Un Algérien et un ressortissant malien avaient été arrêtés en 2004 par les forces de sécurité tchadiennes qui les avaient remis en 2010 aux autorités algériennes. Les deux accusés ont reconnu, au cours de l’enquête préliminaire, avoir participé à plusieurs opérations d’assassinats et de trafic d’armes depuis leur adhésion au « groupe salafiste pour la prédication et le combat« .

Le groupe d’Abderrezak El-Para avait enlevé la région d’Illizi plusieurs ressortissants étrangers et s’était emparé d’appareils GPS et de sommes d’argent en monnaie européenne (euro). A l’issue de négociations par radio entre El-Para et le wali de Gao (Mali), selon certaines sources, 14 otages avaient été libérés moyennant une rançon de 5 millions d’euros. Un pactole qu’El-Para avait utilisée pour l’achat d’armes.

Amari Saïfi, ancien chef de zone du GIA, puis n°2 du GSPC, a été arrêté après une longue cavale qui l’a mené de Tibesti, en passant par Illizi, Tamanrasset, Kidal, le Ténéré, au Niger puis au Tchad. C’est dans ce pays qu’un groupe de l’opposition, le MDJT, l’a arrêté puis remis à Kadhafi, qui l’a à son tour livré à Alger, en 2004. Depuis, les services de sécurité refusait de confirmer qu’il était entre leurs mains. Officiellement le dossier d’El Para comme celui de son chef Hassan Hattab n’était arrivé dans les tiroirs de la justice qu’en 2011. En décembre de cette année, Belkacem Zeghmati, procureur de la République, avait déclaré que « Amari Saïfi est en détention proivisoire à Serkadji« .

Yacine K.

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