Le Matin d'Algérie

Samir Bouakouir : "La France vient d'accorder un blanc-seing au pouvoir"

La visite officielle de François Hollande n’a pas bouleversé la nature des rapports entre l’ancienne puissance coloniale et l’Algérie.

La France officielle vient d’accorder un nouveau blanc-seing au pouvoir autoritaire d’Alger. Au-delà de la reconnaissance de la colonisation comme un système « brutal et profondément injuste« , qui désarme ceux qui en font en Algérie un fond de commerce et qui utilisent l’Histoire comme un moyen de légitimation d’un pouvoir autoritaire, cette visite ne déroge pas aux constantes de la politique française vis-à-vis de l’Algérie : les « intérêts » et le « commerce » au sens mercantile du terme contre l’impunité et une certaine bienveillance politique à l’égard du pouvoir despotique d’Alger.

La réception improvisée et quelque peu contrainte de quelques organisations de la société civile ne saurait masquer la complaisance des autorités françaises et le peu d’intérêt accordé à la question de la démocratie et des droits de l’homme, deux termes totalement occultés lors de son discours devant un parlement-croupion.

Pire, en rejoignant la thèse officielle algérienne pour affirmer que l’Algérie a eu son « printemps démocratique » feignant oublier que ce « printemps » s’est vite transformé dès 1992 en un hiver d’horreurs et d’injustices, le Président français se rend complice des injustices faites au peuple Algérien et notamment sa jeunesse.

La gauche française qui a voté les « pouvoirs spéciaux » et l’envoi de contingents en mars 1956 a encore raté une nouvelle fois l’occasion de se réconcilier avec les Algériennes et les Algériens en général et les militants de la démocratie, des droits de l’homme et du progrès social en particulier.

Samir Bouakouir

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