Le Matin d'Algérie

Tamazight, langue nationale, dans le collimateur de l'Etat

Le proviseur d’un lycée à I?ezzugen (Azazga) se fait le serviteur zélé du régime d’Alger et tente d’entrainer les élèves à l’abandon de l’apprentissage du tamazight. Il fait irruption en plein examen de tamazight et propose aux élèves d’être dispensé de la langue, une langue dont le caractère dit national ne l’a pas dispensée du caractère facultatif, contrairement à l’arabe.

Le proviseur propose de renoncer à la langue en plein examen par cet argument : « Celui qui pense ne pas avoir la moyenne dans cette matière [tamazight] peut quitter l’examen et il sera dispensé de la matière« . Grâce au concours, venu à point, d’une association dite de parents d’élèves, le proviseur du lycée Sahoui-Aldjia est en passe de dispenser les élèves de la 1ere année secondaire de l’enseignement de tamazight. 

La majorité des élèves n’a pas quitté la classe et a poursuivi l’examen de tamazight. Une jeune fille a même osé braver les éventuels abus d’autorité, dont peuvent faire preuve certains commis de l’Etat, comme le proviseur de ce lycée, en répondant à l’offre de ce dernier par : « Moi, j’ai un 19/20 dans ma langue. Il n’est pas question de quitter l’enseignement de ma langue maternelle« . En revanche, une minorité d’élève a profité de l’indigne offre du proviseur mais, fort heureusement, c’est cette même minorité qui constitue la catégorie d’élèves qui se caractérise par un manque de sérieux dans les études. Des élèves, en effet, peu portée sur le travail et l’effort, cumulant les mauvais comportement et les mauvaises notes, aussi bien en tamazight que dans toutes les autres matières 

Il y a lieu de signaler toutefois que ce proviseur est le seul qui ait osé étaler ainsi toute l’étendue de sa servilité et son zèle à éradiquer la langue tamazight. Cependant, le proviseur du lycée Sahoui Aldjia d’Azazga veut carrément aller jusqu’à supprimer l’enseignement de tamazight et son coefficient du logiciel des relevés de notes…mais le ministre algérien de l’éducation nationale, n’avait-il pas dit, à Tizi-Ouzou même, que tamazight ne sera pas généralisé ? 

Le proviseur de ce lycée de Kabylie semble vouloir forcer la main au principe de la « demande sociale » qui caractérise l’enseignement de tamazight, un enseignement déjà largement entravé par toutes sortes de blocages, allant de son caractère facultatif à la démotivation des enseignants par une rémunération au lance-pierre avec des mois de retards, en plus de la dévalorisation et du mépris flagrant de l’Etat pour tamzight: langue, culture ou identité 

Avec Siwel

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