Quelle pitoyable image que donne encore une fois les lendemains des élections locales. Des élus qui transhument d’une formation politique à une autre sans état d’âme. ils représentent une injure aux balbutiements du multipartisme.
On croyait, naïfs que nous sommes, qu’avoir une carte d’un parti politique, le représenter au cours d’une élection, étaient synonyme d’un engagement ferme sur la base de convictions mûrement réfléchies. Mais non, finalement pour certains rejoindre une formation politique n’a pour finalité que de figurer en tête de liste électorale afin de gagner un siège à l’APC ou l’APW. Le nomadisme politique est une nature pour eux. Même plus forte que les convictions. Car en filigrane, ces hommes et femmes enclins à quitter un parti pour un autre du jour au lendemain ne sont mus que par leurs intérêts propres. Leur petite carrière. La minceur de leurs convictions est une injure au militantisme à l’ancienne. Une insulte à ces militants qui font don de leur vie pour des luttes citoyennes.
Ce qui s’est passé à la nouvelle assemblée populaire de Collo est lamentable. Affligeant. Le parti de Jil Jadid a remporté sept sièges sur les 19. Seulement, la tête de liste a tout bonnement quitté le parti de Soufiane Jilali pour rejoindre l’ancien parti unique. Le FLN avec seulement quatre siège a réussi à débaucher les élus de Jil Jadid.
Retenons cet autre cas de nomadisme politique. A l’assemblée populaire c’est la saison des migrations aussi. Huit députés issus de l’Alliance de l’Algérie verte (islamistes non écologistes) de cinq députés du Front national algérien (FNA), deux députés issus du Rassemblement patriotique républicain (RPR) et de deux autres du Parti national pour la solidarité et le développement (PNSD), a indiqué l’APS dans une dépêche. Ils ne furent pas les seuls. Quatre élus issus respectivement du parti El-Fedjr El-Jadid (PFJ), du Rassemblement algérien (RA), du Parti du renouveau algérien (PRA) et du Front national pour la justice sociale (FNJS) ont également quitté leurs partis. En lieu et place d’alliances sur la base de programmes ou d’affinités politiques on assiste à des siphonages en règle, le tout motivé par des intérêts matériels.
Si elle était rare, ou liée à des conjonctures politiques particulières comme des crises au sein de certaines formations politiques, on aurait compris. Fermé les yeux. Mais le spectacle que nous offrent ces «élus» est d’une autre nature. Lamentable, voire immorale. Il renseigne on ne peut mieux sur la minceur des convictions politiques de ces nomades d’un genre nouveau. C’est clair que rejoindre un parti pour eux n’est motivé que par des intérêts matériels, de gestion de carrière plus qu’autre chose. Les programmes politiques. La scène politique est assez éclatée ainsi, voire médiocre à certains égards. Elle a même des allures de féodalités politico-économiques. Aussi, pour ne pas assombrir un tableau déjà assez noir, il est temps que cette fameuse loi qui interdit cette pratique soit remise sur les pupitres de l’Assemblée et surtout votée. Il y va de l’intérêt du pays.
Sofiane Ayache
