Depuis quelques semaines, ouvertement ou dans les arcanes des instances internationales, le gouvernement algérien mène une campagne de lobbying et de pressions pour accéder à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Or, au niveau interne, algérien proprement dit, un débat, feutré mais réel, existe et les responsables algériens ne manquent de cohérence dans leurs propos, voire leurs critiques. Ils n’hésitent pas à faire des comparaisons avec le Maroc et la Tunisie, à souligner leurs performances en matière d’exportations, le succès de leur politique économique et financière. Du coup, les regards se projettent vers un système algérien fermé, mais fermé de bout en bout, cloisonné, hermétique même. L’Algérie, qui détient une manne pétrolière et gazière considérable, bénéficie d’un pactole de plus de 150 milliards de dollars de plus-value pétrolière, souffre d’isolement et d’incohérence. Ce sont-là les propres mots lancés à la cantonade dès qu’il s’agit d’évoquer la tragédie d’un pays qui ne sait quoi faire de son argent, ou plutôt qui le fait délibérément dilapider. Pourtant, le même questionnement ne peut éviter de mettre en cause un président, Abdelaziz Bouteflika, qui conduit à l’impasse non seulement son propre pays mais le Maghreb tout entier. Il n’a pas encore compris, disons ne veut pas comprendre, qu’à l’heure actuelle, où la mondialisation nécessite des réponses concertées et collectives, seule la constitution d’un ensemble géoéconomique – faute d’union politique – peut assurer un développement et garantir une meilleure posture des nations. L’ALENA,l’Union européenne ou autres groupements dans le monde mettent en place des mécanismes de concertation et d’action qui les préservent de toute évidence de toute déstabilisation quelconque. Le Maghreb est depuis plusieurs décennies en panne totale, par le simple caprice d’un homme, Abdelaziz Bouteflika qui, après avoir fait l’impasse sur l’union politique, après avoir refusé de s’inscrire dans une démarche collective contre le terrorisme et livré ainsi les zones du sud saharien aux mains d’al-Qaïda Maghreb, est en train de ruiner également les chances d’une possible et virtuelle union économique. Son gouvernement-à la grande stupéfaction du peuple algérien qui ne le suit plus dans ce genre d’affaires-a préféré privilégier des banques européennes, françaises notamment, pour mettre en œuvre la privatisation du secteur bancaire algérien. Il n’est pas jusqu’au douloureux problème du terrorisme qui, par la faute d’un président accroché à ses démons du passé, demeure entièrement posé aux peuples de la région, menace leur stabilité parce que Bouteflika préfère faire cavalier seul. Ce non-Maghreb est jeté au-dessus de nos têtes, comme une épée de Damoclès, suspendu tant que le président algérien ne cessera de se complaire dans son jeu préféré : la duplicité qui lui fait dire à tout bout de champ qu’il est maghrébin – comme lors de sa dernière rencontre avec le Président tunisien – et en même temps d’être l’adversaire acharné et invétéré de l’unité des peuples Magrebins.
Akli Zamouche