Les tentatives de musellement des syndicats autonomes par le pouvoir se poursuivent sous une nouvelle forme. Après les pressions venues des appareils politiques, l’administration entre en jeu et se lance dans l’offensive. Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale vient ainsi d’apporter sa pierre au tir de barrage ouvert la semaine par les partisans de la Centrale UGTA contre les syndicats libres en donnant à ces derniers jusqu’au 31 mars pour « se mettre en conformité procédures légales fixées par la loi en vigueur relative aux modalités d’exercice du droit syndical ». Cette sommation fait obligation aux nouvelles organisations de présenter à l’administration de tutelle l’état de leur fichier d’adhérents afin de lui permettre d’apprécier « leur représentativité ». L’administration de Louh se réserve le droit de retirer l’agrément à toutes celles qui ne se seraient pas pliées à cet examen de passage, qui coïncide, faut-il le rappeler, avec la virulente campagne anti-syndicats autonomes lancée après la série de grèves organisées par l’Intersyndicale de la fonction publique. Les critères de représentativité fixés par les textes de 1997 exigent 20 % d’adhérents du personnel en exercice. Il est probable que beaucoup d’organisations ne puisent pas se conformer à des exigences conçues sciemment comme des obstacles. Au pays du monopole syndical, la « reconnaissance » d’une organisation autonome est un véritable parcours du combattant ; le Cnapest et le Snapest, n’ont arraché la leur qu’à l’issue d’une longue bataille politico-juridique.
Offensive anti-syndicats libres : l’administration impose son test de « représentativité »
