Le Matin d'Algérie

Qu’a voulu dire l’ambassadeur US à Belkhadem ? L’avis d’un confrère

La polémique continue entre l’ambassade des Etats-Unis à Alger et le gouvernement algérien. Au lendemain des déclarations de plusieurs responsables algériens, dont le premier ministre Belkhadem, appelant l’ambassadeur américain à plus de réserve, les Américains ont réagi via une déclaration officielle. « L’ambassade des Etats-Unis à Alger rencontre tous les jours des partis politiques, des membres de la société civile, et du monde des affaires, ainsi que des officiels du gouvernement. En harmonie avec les normes reconnues dans la pratique diplomatique, lors de ces réunions nos diplomates discutent de questions d’intérêts communs pour les algériens et les américains; comme la démocratie, le pluralisme politique, les droits de l’homme, la société civile et le développement économique », souligne notamment le texte du communique de l’ambassade diffusé, lundi après-midi. Comprendre : les Américains assument pleinement leur intérêt pour l’évolution de la situation politique algérienne. Un intérêt de plus en plus grandissant. Plusieurs sujets sont au cœur de leurs préoccupations en Algérie : l’énergie, les questions sécuritaires, la stabilité régionale, l’OMC, l’armement… Explication : les Américains ont beaucoup investi en Algérie ces dernières années, notamment dans le secteur des hydrocarbures. Les Etats-Unis sont de loin le premier investisseur étranger et ils entendent protéger leurs intérêts. L’autre préoccupation majeure de Washington concerne la situation sécuritaire, avec notamment l’implantation progressive d’Al-Qaïda dans la région du Sahel. L’Algérie est aussi considérée comme un pays « exportateur de terrorisme ». Beaucoup d’Algériens combattent les Américains en Irak et Afghanistan dans les rangs d’Al-Qaïda. Selon des sources diplomatiques occidentales interrogées par toutsurlalgerie.com, les Américains soutenus par leurs alliés Britanniques montrent de plus en plus de signes d’impatience à l’égard du gouvernement algérien. « Ils estiment que les Algériens focalisent beaucoup sur le troisième mandat du président Bouteflika. A leurs yeux, le gouvernement algérien se montre incapable d’être à la hauteur des enjeux économiques et sécuritaires du moment. Ils exigent désormais que les Algériens aient un regard plus « réaliste » sur la situation », explique un diplomate européen. Une étude de la Brookings Institution et le Center for Global Development, rendue publique mardi 26 février, ne classe t-elle pas l’Algérie sur une liste des 25 pays parmis les plus faibles à surveiller tout particulièrement ?

Samir Allam (toutsurlalgerie.com)

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