Belkhadem le dénonce publiquement et Medelci le saisit par écrit : le gouvernement algérien se plaint de l’ambassadeur des Etats-Unis à Alger, M.Robert Ford, et le fait savoir. Le ministère des Affaires étrangères algérien a saisi officiellement l’ambassadeur au sujet de ses rencontres avec les partis politiques et les associations. «Nous avons expliqué à l’ambassadeur des Etats-Unis qu’il existe des lois et des règles régissant l’activité des représentations diplomatiques auxquelles il doit se soumettre», révèle le ministre M.Mourad Medelci.
M.Robert Ford a-t-il dépassé la ligne rouge? Medelci laisse entendre que c’est le cas: «Le ministère des Affaires étrangères a contacté M.Ford pour lui rappeler que ses activités dans le cadre de sa mission en Algérie doivent obéir aux règles élémentaires de la diplomatie.»
Le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem a été encore plus incisif sur la question : “Nous n’acceptons pas ce genre d’ingérences”, a-t-il précisé hier à l’APN. “Nous demandons à nos partis politiques de ne pas passer par les ambassades pour exprimer leurs préoccupations”, a encore expliqué le Chef du gouvernement.
Il faut rappeler à ce sujet que l’ambassadeur des États-Unis à Alger, assisté de Mark Shapiro, conseiller aux affaires politiques et économiques de l’ambassade des USA à Alger, a eu à rencontrer, fin février dernier, des représentants de formations politiques. L’entretien a porté sur les développements que connaît la scène politique nationale et notamment la révision constitutionnelle.
En quoi ces rencontres gênent-elles? En fait, c’est moins la démarche de l’ambassadeur des Etats-Unis que le fait d’avoir parlé du 3è mandat qui est très mal vue par les plus hautes autorités du pays.
