Le Matin d'Algérie

La corruption, l'autre constante nationale du règne Bouteflika

Malgré toutes les affaires qui ont éclaboussé la décennie, ni la justice, ni les députés, ni aucun corps de sécurité n’a levé le moindre petit doigt pour empêcher que l’argent de l’Algérie ne se retrouve dans des banques étrangère, voire dans des caisses privées.

Quand des bénévoles, des patriotes, des fils de famille, se démènent, suent sang et eau, engagent leur propres deniers pour constituer une association nationale de lutte contre la corruption sont renvoyés sans explication comme des malpropres par un Ould Kablia invisible et muet quand le mot corruption est évoqué (Qui tout de suite cherche à détourner l’attention avec la complicité d’un quotidien en déclarant : « Nos frontières  dont bien gardées, bien contrôlées, bien maîtrisées« ).

Quand au sein même des services de l’Etat, des fonctionnaires honnêtes qui dénoncent la corruption sont harcelés, marginalisés ou mis en retraite anticipée par leurs supérieurs et même pour certains emprisonnés ; quand des journaux (de plus en plus rares) montent au créneau et dénoncent ce fléau en donnant des preuves, des noms, des dates (affaire Ghoul et autoroute Est-Ouest) sont attaqués pour diffamation et condamnés ou ignorés ; quand des affaires très graves sont mises à jour sans qu’aucune structure habilitée à le faire ne bouge (Justice, Cour des comptes, IGF, invisible office de lutte contre la corruption) ; quand des ministres, des walis, et même de grands responsables d’institutions de contrôle, au vu et au su de tous, s’adonnent à ce sport en pleine lumière sans être inquiétés et même plus pour certains qui ouvrent dès leur installation, auprès de leur cabinet un service de rabatteurs pour récolter le bakchich (àA la wilaya d’Oran l’innovante en la matière ce service est même doté d’une machine compteuse de billets !), quand de grands corrompus, dénoncés, jamais poursuivis, aspirent aux plus hautes fonctions (toujours Ghoul), quand des anciens ministres (Khellil et Temmar) après avoir effectué le casse du millénaire, quittent le pays sans encombres, c’est que quelque chose de très original et d’unique se déroule devant nos yeux.

C’est sûr qu’il y a des corrompus partout, dans tous les pays, à toutes les époques, mais quand ces derniers ont pignon sur rue, sont couverts, encouragés par le chef de l’Etat, le gouvernement, le parlement (qui refuse d’enquêter en la matière), les services de sécurité, la justice, les services de contrôle, c’est que nous vivons une situation extraordinaire dans le monde moderne. Que nous reste-t-il alors à faire ? Puisqu’il n’y a pas d’élections, de changements, il ne nous reste qu’une seule chose ! Réviser la constitution et faire de la corruption une constante nationale pour l’introduire dans l’appellation officielle du pays : république algérienne bla bla bla bla et corrompue… comme cela tout le monde sera prévenu !

Kouider Benaouda

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