Sarkozy, Jean Daniel et le secret du 3e mandat (9e partie)

Belkhadem et Bouteflika : les compères du viol de la Constitution.
Belkhadem et Bouteflika : les compères du viol de la Constitution.

Fidèle à son césarisme primaire, Bouteflika a annoncé fin octobre 2008 la révision de la Constitution élaborée sous Liamine Zeroual.

L’argument avancé : "Au peuple d'exercer son droit à choisir ses gouvernants". Comme si la Constitution qui avait porté ce même Bouteflika avec un taux de participation des plus médiocres n’accordait pas cette liberté. Cette révision permettra "au peuple d'exercer son droit légitime à choisir ses gouvernants et à leur renouveler sa confiance en toute souveraineté", a expliqué non sans cynisme Bouteflika, cité par l'agence officielle APS. Le moment choisi pour cette annonce n'était pas anodin. C’était pendant un discours prononcé à l'occasion de l'ouverture de l'année judiciaire. Devant justement ces représentants de la justice qu’il a réduits en de simples fonctionnaires, sans prérogatives. Suprême affront : parler de "révision" de la Constitution devant des magistrats c’est comme parler de corde dans la maison d’un pendu. Car toutes les robes noires qui avaient applaudi sagement ce jour-là savaient ce que voulait dire "réviser" la Constitution dans la pensée du président : s'offrir un mandat, puis un autre… Car Bouteflika n'est pas Zeroual. Il n'est pas homme à renoncer aux privilèges de la joumoukia.

Une élection présidentielle est prévue en Algérie en mars ou avril 2009. Mais revenons à mars 2008 avant que le viol collectif de la constitution ne fut consommé par la caste au pouvoir. A l’époque,  rien n’était encore écrit.

Oui

Qu’advint-il des karkabous ? 

Les sirènes de la bay’a se turent en chœur. 

Les grelots ne résonnèrent plus, les courtisans rentrèrent chez eux.

La campagne pour le troisième mandat de Bouteflika avait disparu des journaux et des écrans ! "Comme si un mot d’ordre avait été donné pour que ce bal de laudateurs et de thuriféraires prenne du répit", crut utile de préciser le journaliste du Soir.

Il fut, jusqu’à la précampagne présidentielle, entamée à Tamanrasset et qui devait se poursuivre à Constantine puis dans deux ou trois wilayas de l’ouest du pays, pour être brutalement stoppée à la dernière minute par un communiqué brutal et expéditif de la Présidence de la République. Tout semblait pourtant bien huilé : Saïd, le frère conseiller du président qui est le mentor attitré des comités de soutien, avait minutieusement préparé le show de Constantine et le décor était planté pour montrer une population en liesse, implorant le président de briguer un troisième mandat. On avait réservé à l’homme des « grandes réalisations » l’insigne honneur de poser la première pierre du tramway que devait réaliser le Français Alstom.

Oui, qu’advint-il des karkabous ?

L’embarras est total. « On se rend compte finalement que tout n’est pas tranché en haut lieu », remarque El-Watan  alors que le quotidien Liberté, pourtant proche du pouvoir, perd la foi : "Du moment que la visibilité politique est proche du zéro, faut-il continuer à évoquer le troisième mandat de Bouteflika comme chose acquise ?"

Abdelaziz Belkhadem, décidé à braver l’évidence, ne se pose pas la question. Son optimisme a quelque chose d’admirable : "Il y aura troisième mandat !" S’adressant aux députés et aux sénateurs à l’ouverture de la session de printemps, il lance aux dieux et à Lucifer ce souhait déraisonnable : "Je souhaite que la révision de la Constitution intervienne durant cette session parlementaire", lâche-t-il en pamoison.

Oui, mais comment chanter plus vite que la musique ? Le personnage central, Notre Bouteflika, n’a toujours pas exprimé, publiquement du moins, son désir de se porter candidat et il ne suffit pas du magnifique don d’oracle d’Belkhadem pour affirmer qu’il allait le faire. De plus, selon des sources parlementaires, la révision de la Constitution n’avait jamais été abordée officiellement durant les réunions des bureaux du Parlement, y compris celles tenues le 19 février, à la veille de l’ouverture de la session de printemps. 

Qu’importe ! Le chef du gouvernement, qui avoue pourtant ne rien savoir des projets du président, exerce une pression désespérée sur le cours des événements et s’active à provoquer l’impossible : faire dire à Bouteflika qu’il postule au règne à vie ! Son impatience avait quelque chose d’irritant, voilà qu’elle devenait franchement émouvante  

Sans disposer de l’opiniâtreté désarmante d’Abdelaziz Belkhadem, il se trouvera toutefois  Abdelaziz Ziari et Abdelkader Bensalah, augustes présidents de l’Assemblée et du Sénat, pour tenter de le seconder dans sa mission têtue et appeler Bouteflika à "se porter candidat". Le résultat fut qu’on frôla le ridicule dans l’hémicycle. Puis la rixe : Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA), accusa les deux présidents d’"opportunisme politique" et d’exploiter le parlement «dans l’espoir de se maintenir dans leurs positions». 

La session de printemps se passera sans que la Constitution ne soit amendée.  

Bouteflika attendra son heure, et en arrière-scène : arrivistes de tout acabit, affairistes à la petite semaine, les petites frappes politiques du FLN et du RND attendent piaffant d’impatience pour faire chorus.

L.M.

Sources diverses

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Commentaires (4) | Réagir ?

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oziris dzeus

C'est pire que la dictature. c'est pire que bena, moubar, becha, sedda, et pire que franco. c'est du colonialisme de la domination, de l'occupation des territoires et des ésprits. aprés a voir fait subir tous les affronts à l'algérie et la decennie meurtiére qu'est celle de 1990, le clan boutef conitnu avec mépris et arrogance à joué des algériens et de l'algérie avec la bénédiction de la france qui protége ce clan depuis 50 ans. comment se fait il que boutef ait pu modifier la constitution sans réferendum?. comment a t'il pu faire passer sa concorde civile par réferendum en posant cette question :"etes vous pour la paix? Oui Non. le clan boutef est contre la paix en algérie et il est à l'origine de tous les malheurs des algériens et de l'algérie. aprés boutef y aura boutef apres A y aura S. tant que la france est derriére ce clan de malheur l'algérie ne connaitra ni la paix ni la prospérité.

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kamel ait issi

Quel glorieux future... J'aurais pique' une crise cardiaque si je vivais dans ce bled. C'est incroyable tout de meme, les effets des religions et leur capacite' d'effacer la notion de temps.

Dites-moi d'ou viendra le future?

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