39 milliards de dollars pour les augmentations de salaires en 2012

Karim Djoudi.
Karim Djoudi.

Le ministre des Finances, M. Karim Djoudi a affirmé mercredi à Alger que la loi de finances 2013 prévoit un budget "de prudence" et non pas d’austérité, qui ne contient pas de restrictions sur la création de nouveaux postes budgétaires.

Alors qu'on est normalement à la veille d'un changement de gouvernement, le ministre des Finances fait des déclarations qui engagerait le prochain cabinet. "Il n’y aura pas de programme de rigueur au sens économique du terme. Il y aura plutôt une gestion (des finances) beaucoup plus prudente", a déclaré M. Djoudi à la presse lors d’un symposium des banques centrales africaines qui se tient à Alger. Voilà donc une déclaration qui va rassurer les sceptiques sur la santé de notre économie ! Bonjour la poursuite des dépenses donc, mais le premier argentier du pays s’est abstenu de fournir plus de détail sur ce projet approuvé déjà par un gouvernement amputé de six ministres et surtout sur le départ.

Karim Djoudi a également rassuré que le prochain budget de fonctionnement ne va pas opérer des coupes sur les transferts sociaux, ni même sur le soutien des prix des matières premières. Mieux encore, le budget 2013 "va maintenir la cadence de l’investissement public", seul créateur actuellement de croissance et d’emplois, a-t-il dit.

"L’économie ne tire sa croissance, ne crée de l’emploi, ne distribue les revenus que s’il y a une demande publique forte. Si on devait la réduire elle aura un impact immédiat sur la vie des entreprises et l’emploi", a-t-il déclaré. Et précise très sérieusement : "L’important pour nous est de trouver le point d’équilibre d’une politique prudente en matière budgétaire et la nécessité de conserver la croissance économique, de l’emploi et de l’activité économique", a-t-il ajouté.

La rigueur ? L'Algérie ne connaît pas. La preuve ? La perspective de la chute des prix de pétrole passée, le gouvernement change de braquet. Et continue d'ouvrir les vannes. L’action du gouvernement sera axée sur l’achèvement du programme d’investissement en cours, qui sera complété par des projets nécessaires au développement du pays, enchaîne le ministre. Côté emploi, le ministre a implicitement démenti les restrictions annoncées par la presse sur la création de nouveaux postes dans le secteur public. Il affirme que tous les nouveaux investissements publics réceptionnés vont bénéficier de postes budgétaires et de ressources de fonctionnement.

Tout de même, le ministre table sur une baisse du budget de fonctionnement pour 2013 du fait qu’il n’inclura pas des dépenses ponctuelles comme celui de 2012, qui a explosé par le versement des rappels des augmentations salariales. Le budget de 2012 a consacré 2.850 milliards de DA (environ 39 milliards de dollars) pour les augmentations de salaires pour certaines catégories de personnels.

La réduction de la dépense publique, notamment celle de fonctionnement a été au centre d’un vif débat en juin dernier lorsque la Banque d’Algérie avait révélé qu’un baril à moins de 110 dollars impacterait l’équilibre budgétaire de l’Algérie. La baisse du prix du pétrole avait fait paniquer le gouvernement qui avait multiplié les déclarations.

Les cours de brut évoluaient alors autour de 80 dollars, alimentant les craintes sur la capacité du pays à mener à terme ses projets d’investissement. Le gouvernement avait rassuré que la gestion prudentielle des dépenses publiques qu’il prônait pour faire face à la baisse des prix du pétrole, excluait toute réduction de salaires, de transferts sociaux et de soutien des prix.

Les cours du pétrole ont depuis remonté au-dessus de 110 dollars. Et le gouvernement a aussi décidé de revoir à la hauteur ses dépenses.

LM/APS

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Commentaires (7) | Réagir ?

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khelaf hellal

Les augmentations de salaires sont prévues justement pour compenser la dégringolade du dinar qui perd chaque mois de sa valeur et qui risque de générer une crise inflationniste sans précédent semblable à celle de l'Argentine des années 2001- 2002. Je ne suis pas expert en la matiére mais je sens que nous encourons la faillite financière si rien n'est fait pour stopper la dévaluation du dinar et relancer l'économie et notamment le secteur des exportations hors hydrocarbures. Pour cela, il faut d'autres hommes d'etat, d'autres façon d' aborder le problème et d'autres modes de penser pour trouver les véritables solutions. Notre pays exporte des richesses et installe la pauvreté par l'entremise de cette monnaie de singe que l'on appelle le dinar, une fausse monnaie qui vous enrichir par de belles promesses.

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reda merrad

Je lis bien le budget 2012 a consacré 2850 milliards de dinars pour les augmentations de salaires pour certaines catégories de personnels. Je me permets alors de faire le décompte. je vais supposer que l'augmentation salariale qui a touché ces catégories est en moyenne de 20 000 DA /mois pour chacun des salariés. Ce qui donne un chiffre de 20 000 x 12 = 240 000 DA d'augmentation pour l'année par salarié. On a alors 2850 milliards / 240 000 = 11 875 000 salariés qui ont été augmenté. au courant de 2012. Je ne sais combien de salariés dans le public compte notre pays...

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