Décès de Zoulikha Inal, aujourd'hui, à Alger

autoportrait. Issiakhem citant Zoulikha Inal
autoportrait. Issiakhem citant Zoulikha Inal

Zoulikha Benzine, épouse Inal, sœur de Abdelhamid Benzine, ancienne Moudjahida et femme de lettres, est décédée, aujourd’hui, jeudi 9 août, en son domicile à Alger, des suites d’une longue maladie. Elle était âgée de 71 ans.

Après avoir vécu au côté de son époux, Inal Djaâfar, attaché culturel à l’ambassade d’Algérie dans l’ex-Union soviétique, elle a été, dans les années 1970, une grande amie de Kateb Yacine et de M'hamed Issiakhem qui a peint son portrait à sa manière surréaliste et dont elle a conservé l'original. Passionnée de peinture, elle a été une conservatrice attitrée des toiles d'Issiakhem. Elle en a fait don, il y a quelques années, au Musée national d'Alger.

Femme de grande culture, ses correspondances écrites avec les écrivains, peintres, acteurs algériens de son temps, recèlent nombre d’aspects restés jusque-là inédits dans le vie et l’œuvre des nombreux et illustres correspondants d’Inal Zoulikha. Grande collectionneuse, elle affectionne également le disque Vinyle de la chanson algérienne, kabyle en particulier.

Nombre de témoignages écrits sur la guerre de libération la citent et lui ont rendu hommage de son vivant. Ces témoignages attestent que Zoulikha Inal a pris le maquis toute jeune dans la zone ouest d’Alger où elle a connu, alors agent de liaison, Djamila Boupacha qui l'a hébergée dans sa famille.

Zoulikha Inal, durant les années 1990 de la décennie noire, a assuré le gît et le couvert à de nombreux journalistes menacés par le terrorisme.

Retirée depuis quelques années dans son appartement des hauteurs d’Alger, elle ne recevait plus que ses ami(e)s intimes et elle s’est toujours refusé de parler publiquement de son passé révolutionnaire. Malgré leur insistance, ses proches n’ont pu la persuder de publier les échanges épistolaires avec Kateb Yacine qui lui rendait visite alors déjà atteint de maladie, de Malek Haddad.

Discrète et fidèle à ses engagements pour l'indépendance de l'Algérie et les libertés démocratiques, Zoulikha Inal a su créer autour d’elle, jusqu’à son dernier souffle, une ambiance intellectuelle à la mesure de ses appétits livresques. Elle était mère de deux filles, dont, Souad, conservatrice, chargée de la bibliothèque de l'Ecole des Beaux Arts d'Alger, qui a initié le prix annuel "Abdelhamid Benzine" attribué au meilleur reportage /enquête journalistique.

Rachid Mokhtari

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amaru

Encore une autre fille de Beni Ourtilane.

Repose toi en paix.