Mort d'Ahmed Ben Bella : le silence troublant de la France officielle

Sarkozy et Bouteflika.
Sarkozy et Bouteflika.

L’Algérie reçoit de nombreux messages des pays partenaires. Aucun de la France officielle.

Dans un communiqué, le candidat du Parti socialiste à la présidentielle a salué sa mémoire, jugeant qu'il "restera, pour les Français et pour les Algériens, l'un des symboles d'une étape historique décisive de nos deux pays". Le socialiste Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, et président de l’Association France-Algérie, a salué jeudi la mémoire d’Ahmed Ben Bella, premier président de la République algérienne, soulignant qu’"avec sa disparition, l’Algérie perd l’un des premiers artisans de son indépendance". La presse française a largement fait écho de la mort de Ben Bella. Le corps diplomatique étranger est également venu rendre un dernier hommage à Ben Bella, dont le chef de la délégation de l'ONU pour l'observation des élections législatives algériennes du 10 mai, Amara Essy.

Le président tunisien Moncef Marzouki a annoncé sa venue, de même que le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane, deux pays voisins frontaliers de l'Algérie qui avaient soutenu la lutte anti-coloniale algérienne. Le roi Mohammed VI a adressé un message de condoléances au président Bouteflika, selon l'agence marocaine de presse MAP. Le roi du Maroc a souligné que la "disparition de ce leader historique n'est pas seulement une perte pour le peuple algérien, mais aussi une perte pour la fraternité maghrébine dans ses racines profondément établies et aussi pour la nation arabe". Le chef de l'Etat nigérian Goodluck Jonathan a pour sa part salué l'"immense courage, l'audace dans la recherche de la liberté" du président Ben Bella qui lui ont assuré "une place éternelle dans le panthéon des héros de la libération de l'Afrique".

La France, le silence officiel

Il n'y avait eu jeudi soir encore aucune réaction officielle française à ce décès, le Quai d'Orsay annonçant simplement que son ambassadeur à Alger Xavier Driencourt représenterait son pays, tout comme d'autres ambassadeurs membres de l'UE représenteraient le leur. Rien donc du côté du Quai d’Orsay (Affaires étrangères), ni de l'Elysée (présidence). La France officielle semble tourner le dos à l’Algérie. En pleine campagne électorale, Nicolas Sarkozy garde le silence sur la mort de Ben Bella. Les règles de bienséance auraient pourtant voulu qu’il adresse un message de condoléances. Car il ne faut pas oublier que Ben Bella a été président de la jeune République. Et les relations économiques entre les deux pays sont par ailleurs très bonnes avec de nombreux projets qui se profilent à l’horizon. Mais Nicolas Sarkozy tout occupé à récupérer l’électorat d’extrême droite, des pieds noirs, ne veut pas rendre hommage à un ancien "chef fellaga", au risque de décevoir ces derniers. Dans cette circonstance, comme dans d’autres, le candidat président de la droite française paraît choisir le statut de président quand cela l’arrange. Il n’hésite pourtant pas à mélangeant les genres à son profit. Cela dit, il y a manifestement une gêne de la part du président candidat à envoyer un message de condoléances à l'Algérie en cette période électorale française.

Hommage national

Drapeau en berne, l'Algérie officielle a commencé le deuil jeudi au lendemain de la mort d’Ahmed Ben Bella dont les funérailles nationales auront lieu aujourd’hui. Un hommage voulu par le président de la République avec lequel Ahmed Ben Bella s’est réconcilié depuis une dizaine d’années. La télévision nationale a retransmis en fin de matinée le transfert vers le Palais du Peuple du cercueil de l'ancien dirigeant mort mercredi à son domicile algérois à 95 ans. Le cercueil, recouvert d'un drapeau vert, a été porté par six officiers supérieurs de l'armée algérienne, et accompagné par les deux filles du défunt, Mehdia et Noria, avant d'être chargé sur un véhicule.

Peu après le départ du corps, le président Bouteflika a quitté le domicile de celui dont il s'était considérablement rapproché après son élection à la tête de l'Etat en 1999, pour suivre le cortège. Pourtant entre les deux hommes, il y a une longue histoire.

Yacine K.

Commentaires (17) | Réagir ?

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olive kabyle

"Amazigh je suis kabyle mais pas raciste à ce point. Le respect du aux mort doit etre respecté par les hommes. je suis plus kabyle que vous mais pas haineux

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Guel Dring

Faire part de sympathie somme toute "humaine" pour ce cas de bienséance, de moralité universelle s'apparenterait pour des "mondialistes" à une repentance qu'ils rechignent à avouer .

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