Très graves atteintes à la liberté de la presse au Maroc, trois journalistes condamnés à la prison ferme
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En effet le jeudi 15 octobre, le directeur de l'hebdomadaire arabophone Al Michaâl, Idriss Chahtane, a été condamné à un an de prison ferme et à une amende de 10.000 dirhams (environ 885 euros) par le tribunal de Rabat pour avoir publié des articles sur la santé du roi Mohammed VI. Le tribunal a également ordonné son incarcération immédiate. Des peines de 3 mois de prison ferme ont été prononcées par le même tribunal à l'encontre de Rachid Mhamid et Mustapha Hirane, deux journalistes du même journal. Ils devront payer une amende de 5.000 dirhams (440 euros) chacun et assumer les frais du procès.
Idriss Chahtane était poursuivi pour "publication malintentionnée d'une fausse information", "allégations et faits non véridiques", Me Mhamid et Me Hirane pour participation.Rappelons que les journalises d’Al Michaâl et 7 autres journalistes ont été convoqués par la police judiciaire du commissariat central de Rabat, le samedi soir et dimanche 06 septembre, pour être entendus sur des articles distincts sur la maladie du roi mohamed VI. Le parquet estime que ces articles sur la santé du roi ont inquiété l'opinion publique. Fin août, Idriss Chahtane avait publié un article intitulé "Al Michaâl dévoile les raisons du communiqué du Palais au sujet de la maladie du roi qui a inquiété l'opinion publique".
Un article qui a fait suite à la publication, par le ministère du protocole royal, le 26 août, d’un communiqué annonçant que le souverain avait été placé en convalescence pour cinq jours en raison d'une infection. Le roi "présente une infection à rota virus avec signes digestifs et déshydratation aiguë nécessitant une convalescence de cinq jours", indiquait le communiqué signé par le professeur Abdelaziz Maaouni, médecin personnel du roi. Al Michaâl avait également publié une interview d'un médecin, Mohamed Ben Boubakri, intitulée: le virus "rota virus, sa cause est l'immunodéficience... ou l'allergie".
Selon un avocat de la défense, Maitre Hassani Idrissi, contacté par nos soins, l’incarcération immédiate de Me Chahtan, malgré la demande en appel formulée, constitue une grave violation de la procédure judiciaire. L’emprisonnement immédiat a été ordonné sur la base de l’article 392 de code de la procédure pénale. Un article qui s’applique uniquement dans des cas graves et à la demande du procureur lors du procès, chose qui n’a pas été faite ajoute-il. Les journalistes ont été jugés comme des vulgaires délinquants. Le Groupe de Travail sur la Liberté d’Expression en Afrique du nord « WGFENA » ainsi que Reporters Sans Frontières « RSF » ont vite réagit et condamné avec fermeté cette grave atteinte à liberté de la presse au Maroc.
Amirouche Nedjaa
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