A la recherche du bonheur "introuvable"

Le gouvernement Bouteflika-Ouyahia  élude les questions de fond.
Le gouvernement Bouteflika-Ouyahia élude les questions de fond.

Les Algériens sont-ils vraiment heureux avec cette politique d'austérité appliquée par l'exécutif ? Le seront-ils davantage avec celle de la planche à billets qui va, sans doute, causer la chute irrémédiable de leur pouvoir d'achat ? Puis, l'Algérie saurait-elle retrouver un jour la stabilité financière et la sérénité du début des années 2000 ?

Il est dommage d'affirmer que les années à venir seront très dures pour les nôtres à plus d'un égard d'autant que, selon beaucoup d'experts, la baisse des prix du baril du pétrole est partie, au regard du contexte géopolitique mondial, pour s'installer dans la durée. Dans ces circonstances-là, parier sur une quelconque embellie financière à court et à moyen terme paraît plus que jamais compromis.

Où trouver alors ces 570 milliards de dinars nécessaires pour les cinq prochaines années dont aurait parlé il y a quelques jours le président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale ? Les autorités parviendront-elles, comme l'aurait confirmé ce dernier, au rétablissement des équilibres budgétaires de la trésorerie de l'Etat et ceux de la balance des paiements ? Et si le pétrole chute au-dessous de 30 dollars par exemple, sachant que, basées sur les probabilités, les contingences économiques sont changeantes ? Enfin, qui va garantir que tout cet argent ira à l'investissement productif et non, comme on est habitués d'ailleurs, dans le ventre des rentiers ?

Toutes ces questions-là sont plus qu'un dilemme dont nos officiels détournent à dessein la tête. A commencer par la majorité de ces députés qui ont consacré la dernière session de l'APN, pourtant réservée à la discussion du plan d'action gouvernemental, aux selfies et au jeu des apparences. Abandonné à son sort, le peuple, longtemps affecté par les effets pervers de la rente, va désormais combattre seul et à mains nues l'hydre inflationniste.

Le danger est encore plus grand lorsqu'on pense à la montée de la précarité et à la perte inquiétante de la société de la force des liens familiaux. Chose pouvant faire facilement le lit de la délinquance juvénile et de la criminalité à large échelle à l'instar des pays de l'Amérique centrale.

Tous ces indicateurs au rouge sont, à vrai dire, annonciateurs de grands bouleversements sociétaux incontrôlables. Un très mauvais signe pour l'Algérie de demain. Parler dans ce cas-là de la transition politique et de la bonne gouvernance, c'est comme croire que Don Quichotte de la Manche l'emporterait un jour dans sa bataille de rêve contre les moulins à vent !

Kamal Guerroua

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