EXCLUSIF - L'appel de Noureddine Boukrouh à l'armée

Noureddine Boukrouh.
Noureddine Boukrouh.

INITIATIVE POLITIQUE DE M. NOUREDDINE BOUKROUH

2) APPEL A L’ARMEE NATIONALE POPULAIRE

Il y a un mois paraissait sous l’égide de cette INITIATIVE POLITIQUE un « Appel aux Algériens et Algériennes pour une révolution citoyenne pacifique ».

Son but était de préparer les esprits à des évènements en puissance susceptibles de précipiter notre pays dans une crise majeure, sauf à être suffisamment anticipés pour engager un processus légal favorisant l’avènement paisible d’une nouvelle Algérie.

Cet Appel continue de circuler dans les médias, sur les réseaux sociaux et partout où vivent des Algériens qui doivent se mobiliser eux aussi autour de cette espérance car leur apport à l’édification d’une nouvelle Algérie est indispensable.

C’est au sein de l’émigration algérienne en Europe qu’est née il y a un siècle l’idée d’indépendance nationale, et c’est en bonne partie elle qui a financé au prix de lourds sacrifices la lutte de libération nationale. Ce qu’elle recèle de plus aujourd’hui, sur l’ensemble des continents, c’est le savoir, le savoir-faire et l’expérience du fonctionnement de sociétés modernes et démocratiques dans leur mode de pensée, leurs politiques et leurs économies, choses dont été privés beaucoup d’Algériens de l’intérieur par un pouvoir obsolète devenu la risée du monde.

Ce deuxième Appel s’adresse à l’armée algérienne et aux services de sécurité qui sont la colonne vertébrale de la nation algérienne.

L’Armée Nationale Populaire (ANP) est l’armée de la nation et est constituée des enfants du peuple algérien. Elle est l’héritière de l’Armée de Libération Nationale formée par des patriotes pour libérer l’Algérie du colonialisme. Elle est aux ordres de l’Etat en tant qu’émanation de la nation et représentant incontesté de la volonté populaire.

Ces qualités et cette vocation lui interdisent, ainsi qu’aux services de sécurité, d’utiliser leurs effectifs et leur armement contre le peuple s’il devait s’élever contre des politiques desservant l’intérêt national à l’instigation d’un pouvoir soupçonné de ne plus représenter l’intérêt de l’Etat et l’intérêt général, mais ceux d’une poignée d’individus.

Le doute plane depuis plusieurs années sur les capacités de ce pouvoir à mener des politiques fructueuses au service de la nation. Au lieu de se résoudre à un changement pacifique et salutaire, il accélère au contraire sa fuite en avant.

Les effets des politiques improvisées au jour le jour et la primauté de l’intérêt à court terme sur l’intérêt à long terme de la nation sont manifestes. Ils sont attestés par l’instabilité juridique, l’absence de vision, le recours à la création monétaire, l’intention de brader les ressources énergétiques et minières pour ramener des investisseurs étrangers et l’intensification des efforts pour passer à l’exploitation du gaz de schiste qui constitue une menace pour les ressources hydriques du pays, l’écosystème et la santé des habitants de la région.

Le 5 octobre 1988, le pouvoir a ordonné à l’ANP et aux services de sécurité d’utiliser leurs effectifs et leurs armes contre les manifestants pour rétablir l’ordre. Des changements politiques ont été initiés dans la foulée mais, parce que non préparés, ils ont débouché sur une décennie de tueries qui persistent à ce jour.

Les mesures prises à la hâte récemment engendreront dans un avenir plus ou moins proche des troubles sociaux qu’aucun Algérien ne souhaite. Cette INITIATIVE POLITIQUE vise précisément à les prévenir.

Si le manque de liquidités en dinars peut être compensé non sans dangers jusqu’à un certain point par l’impression de billets de banque, il n’y a aucun moyen de compenser le manque de disponibilités en devises nécessaires au financement des importations sans lesquelles le pays s’effondrerait.Cette perspective se rapproche car les réserves actuelles ne couvriront pas plus d’une année et demi d’importations, et c’est alors que les troubles pourraient éclater, obligeant le pouvoir à demander à l’ANP et aux forces de l’ordre de les réprimer.

L’ANP récuse toute implication dans le champ politique et réaffirme régulièrement son attachement à ses missions constitutionnelles au service de la nation, de son unité et de son intégrité territoriale.

La nation s’en félicite et attend d’elle et des services de sécurité de s’interdire d’employer la force contre le peuple en cas de survenance d’un autre octobre 88, car les troubles sociaux ne sont jamais que la conséquence de politiques ruineuses.

Ce sont les auteurs de ces politiques qui doivent être sanctionnés, non leurs victimes.

Noureddine Boukrouh

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Commentaires (20) | Réagir ?

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Waali Uchène

Ce que parler veut dire. M. Boukrouh ne demande pas à l'armée de reprendre son Bouteflika, mais il lui demande de na pas tirer sur le peuple quand celui-ci sortira (très bientôt, il faut l'espérer) dire son ras-le bol avec Bouteflika et tout le mafeiux, à l'origine de la situation desastreuse qui prévaut dans ce pays.

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Ahmed Reggab

Vous rêvez, Monsieur Boukrouh, ou, comme l'ont écrit certains commentateurs, vous êtes en train de jouer votre partie dans l'orchestre du pouvoir, pour mériter la rente qu'il vous verse.

Votre appel ne tient pas la route pour deux raisons essentielles :

1. L'armée est à l'origine, a constitué et constitue toujours la colonne vertébrale du système que vous voulez évacuer.

2. Même si votre appel était entendu, il est trop tard. La culture arabo-islamique a imprégné et a définitivement gangrené l'ensemble de la société algérienne. Ben Bella et Boumedienne ont gagné; l'Algérie est inéluctablement en route vers le 7ème siècle de l'ère chrétienne.

Cette culture et la modernité sont comme l'huile et l'eau; elles ne se mélangent pas.

Mesurez, pour vous en convaincre, les métamorphose de notre société 1962.

Nous sommes à 70% si ce n'est à 80 % arabo-saoudisés!

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