La langue alambiquée d'Ali Haroun

Ali Haroun se réinvente perpétuellement le passé et le présent.
Ali Haroun se réinvente perpétuellement le passé et le présent.

Une nouvelle fois, Ali Haroun se fourvoie dans des contradictions pour soutenir par omission volontaire, ses choix controversés en politique. Et pourtant l'homme n'est pas à son premier coup d'essai où l'interprétation de la révolution se conjugue toujours avec le portrait des acteurs sans que soit analysé les formes structurelles du mouvement national qui ont abouti finalement à l'autoritarisme.

Il va s'en dire que s'il se trouve justifier aujourd'hui plus qu'hier, la dénonciation de la violence de l'insurrection algérienne, rien ne peut valoir un nouvelle rétropspective de la guerre d'indépendance. Et pourtant sur ce point précis, il y a beaucoup de révolutions entachées par le crime de sang qui se sont relevées du désartre de la guerre pour conduire à dessein, la population au bien être. Certes, il ne s'agit pas de la cité idéale imaginée par les philosophes ni de la paix perpétuelle mais tout simplement d'une amélioration de la qualité de vie des citoyens que le pouvoir politique algérien ne peut garantir.

Il se trouve que l'accaparement de la richesse nationale par une catégorie sociale considérée par quelques commentateurs de compradore alors qu'elle était sans visage dans un récent passé. Tout récemment sur les colonnes du journal Le Matin, un auteur a proposé une lecture marxiste de la réalité algérienne. Il va s'en dire que cet article n'a pas pour objet l'analyse du texte en question, mais il faut bien reconnaître que le marxisme comme théorie sociale n'est plus valable parce que les outils d'analyse sont tout simplement obsolètes même si la compétition entre les hommes demeure une constante dans l'histoire de l'humanité (Lutte des classes). A plus forte raison, les analyses de Karl Marx sur l'Algérie du XIXe siècle - Marxisme et Algérie - relèvent d'une méconnaissance totale de la société segmentaire.

Quoiqu'il en soit, marxisme ou pas, comme pour toute société, l'Algérie d'aujourd'hui comme celle d'hier est soumise à la rude compétition entre les hommes organisés en clans. Et c'est précisément cette forme volatile de l'organisation qui insuffle au système politique algérien, un renouvellement perpétuel à l'identique de la classe politique. C'est à travers les liens d'appartenance que la légitimité historique s'est imposé au peuple algérien. Cette force intérieure prédominante des historiques de la révolution puis celle du clan d'Oujda invariablement réorganisé sous forme rampante, prend en otage depuis l'indépendance toute une société.

Au miroir du kaléidoscope cher à un sociologue français, la société algérienne est prise en tenaille par la prépondérance du discours creux de la révolution ou comme le dit si bien Omar Carlier: "Le pouvoir fonde plus que jamais sa légitimité sur la religion des morts et la commémoration du 1er novembre".

Parmi ceux qui s'activent sur la scène politique algérienne, Ali Haroun, oublie souvent que les promesses de la révolution algérienne n'ont pas été tenues non parce que les hommes ont trahi mais c'est que le projet national a atteint ses limites. On assiste au délabrement idéologique où quasiment personne n'y croit, même parmi ceux qui promettent monts et merveilles. Par la saturation du discours, les hommes du pouvoir mentent au peuple comme ils mentent à eux-mêmes parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement pour sauvegarder leurs intérêts personnels. Du coup, on ne sait pas aujourd'hui si on a attend le point de non retour de la situation mais toujours est-il que des signes symptomatiques d'une crise politique profonde bloque depuis longtemps, société algérienne.

Il est peut-être temps de dépasser les contradictions multiformes de la société algérienne pour donner un avenir meilleur à la population algérienne. Le système FLN a atteint ses objectifs en 1962 et pourtant les oligarques du parti rivalisent de stratagèmes pour garder le pouvoir de l'Etat. Il faut bien admettre que sans les forces de sécurité, ces derniers n'auraient pas pu arrêter le processus électoral, seule occasion d'un réel exercice démocratique. Ali Haroun en acceptant un poste au sein du HCE a participé activement à la violence qu'il dénonce aujourd'hui.

F. Hamitouche

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Commentaires (2) | Réagir ?

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elvez Elbaz

Les planqués de oujda , mûs par la néocoloniale "francouroubi" ont imposé le systéme prédateur militaro-fln panarabiste par la violence en le maintenant par la force et en le pérpétuant par le trucage des urnes.

A un grand patron d une multinationnelle qui cherchait une assiétte fonciére pour délocaliser et produire en algerie, on lui réponda que la terre en algérie" est sacrée, terre des martyrs"!!!à laquelle un GUAWRI ne peut y accéder!

On le renvoya au "honteux" concept araberie du 49/51 !

Il est présentement sur la rive sud du détroit de gibraltar!

La pudeur aimerait ordonner à ce larbin du systéme prédateur : A'ssusem!tais toi !eskut!

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khelaf hellal

" Ali Haroun en acceptant un poste au sein du HCE a participé activement à la violence qu'il dénonce aujourd'hui. " Je ne le pense pas. Vous désorientez les accusations entre l'agresseur et l'agressé. Je vous vois déjà dans le camp des anciens membres de l'Ex-FIS qui ont justifié leur violence terroriste par l'arrêt du processus électoral. Ali Haroun a eu le courage de dire que la guerre de libération n'était pas une guerre sainte, elle était avant tout une guerre contre le système colonialiste pour la conquête de l'indépendance et des libertés démocratiques du peuple Algérien. Des libertés démocratiques qu'on veut lui confisquer aujourd'hui par la violence terroriste pour le mettre à la merci d'un autre système oppresseur à prévalence théocratique.