Chafaa Bouiche : "L’assassin d’Ali Mecili sera candidat aux élections à Bejaïa" !

Ali André Mecili au cours d'une manifestation.
Ali André Mecili au cours d'une manifestation.

Le chef de groupe parlementaire du Front des forces socialistes (FFS), Chafaa Bouiche, a jeté un pavée dans la mare au préambule de son intervention au parlement dans le cadre des débats sur le plan du gouvernement, présenté par Ahmed Ouyahia.

"Le criminel qui a assassiné Ali Mecili, le moudjahid et l’ami d’Aït Ahmed, Abdelmalek Amellou, sera candidat à Béjaia aux prochaines élections locales sur liste d’un parti du pouvoir", a lâché le député du FFS.

La nouvelle a fait le buzz sur la toile. Les Algériens, de toutes tendances politiques, ont exprimé leur indignation. Ils se demandent comment un homme qui n’a jamais été jugé pour son acte pourra se présenter ainsi à une élection et sur la liste d’un parti du pouvoir. L'information constitue un sacrée offense à la famille du défunt qui a depuis toujours réclamé, en vain un procès digne de ce nom.

Deux jours après cette révélation, aucune réaction de la part des autorités. Un silence qui laisse supposer que la déclaration de Chafaa Bouche est crédible. Pour rappel, Ali Mecili, natif de Koléa, de parents d’origines de Mekla (Tizi Ouzou), était durant la guerre de libération nationale un officier des services de renseignements. Plus exactement il se trouvait pour le compte du MALG dans une base appelée Didouche Mourad en Libye. A l’aube de l’indépendance, tout en étant à la Sécurité militaire il rencontrait Hocine Aït Ahmed. C'est d'ailleurs ensemble qu'ils ont été arrêtés le 17 octobre 1964 dans un village en contrebas de Mekla. Ali Mecili sera libéré fin 1965 à la faveur des négociations menées dès l'automne 1965 par Yaha Abdelhafidh et le colonel Si Sadek en liaison avec Hocine Aït Ahmed qui se trouvait dans la prison d'El Harrach.

Libéré, Mecili gagne la France en compagnie de Yaha Abdelhafidh en décembre 1965. Après de brillantes études en droit dans le sud de la France, Ali Mecili a ouvert un cabinet d’avocat à Paris ou il a continué son combat contre le régime de Boumediene d'abord puis de Chadli Bendjedid. Il a joué un rôle important au côté des animateurs du MCB pour la promotion de la langue tamazight.

Bras droit de Hocine Aït Ahmed, il était derrière les accords de Londres en 1986 qui ont lieu, pour rappel, entre Aït Ahmed et Ben Bella. Un an plus tard, un certain, Abdelmalek Amellou, originaire de Bouzeguene, a été arrêté par la police française après l'assassinat le 7 avril 1987 d'Ali Mecili dans le hall de l’immeuble où il habitait au boulevard Saint Michel à Paris.

Le crime a été commandité par la sécurité militaire algérienne, puisqu’un ordre de mission signé par un officier des services secrets algériens a été trouvé dans les affaires de criminel, avait déjà révélé Hocine Aït Ahmed dans son livre "L'affaire Mecili". Néanmoins, Abdelmalek Amellou a été extradé quelques jours plus tard vers Alger par le ministre de l’Intérieur de l’époque Charles Pasqua. Ce qui lui a permis de passer entre les filets de la justice.

Abdenour Igoudjil

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