A comme Algérie (21)

A comme Algérie (21)

L’ONU se contente de donner des chiffres sur la traite comme l’OMS sur le cancer, elles ne sont pas tenues de les éradiquer.

(Suite) T comme traite

Imaginons ce que leur disparition engendrerait de perte d’argent frais au moment où le visa pour une émigration légale se résume à deux questions : "Combien avez-vous ? Combien voulez-vous investir ?" Vraiment nulles les chances d’Einstein face à Al Capone ou de l’intellectuel humaniste désargenté face au politicien millionnaire corrompu ou au proxénète-dealer haute gamme. Concernant l’Organisation-mère, Camus écrivait déjà en 1955 : "La bonne manière d’entrer aux Nations unies est de froisser leur charte immaculée. Pour l’ONU, comme pour le marquis de Sade, on ne s’unit bien que dans le viol." En Europe Sud-est, le basculement de l’économie planifiée à celle du marché, la mondialisation aidant et après les conflits des Balkans, les routes s’étaient calmées pour permettre aux trafiquants de « déminer » le sol avec les marchés de vente aux enchères de femmes en Serbie, au Kosovo et en Bosnie. La marchandise répartie dans les maisons closes où "les premiers clients étaient des Casques bleus protégés par l’immunité diplomatique que leur confère leur statut de personnel de l’ONU" (6) L’ONU a voté pour que l’Arabie saoudite représente les Droits des êtres humains. Il faut dire que cette dernière a fait des progrès en remplaçant la lapidation par l’excision. La chirurgienne égyptienne Muzaffar, spécialiste de ce qu’on nomme l’ablation « harem » opère dans une clinique saoudienne à l’équipement dernier cri et au personnel à 100 % féminin, nous éclaire : "… la police religieuse… pense que l’excision des femmes a de nombreux avantages. Elle « calme » les femmes, rend impossible le lesbianisme, décourage l’adultère et la prostitution…Ces dernières années, elle s’est répandue… Maintenant, je dirais qu’au moins 25 % de toutes les femmes en Arabie Saoudite sont excisées…d’ici une génération, toutes les femmes qui ont accouché d’une fille leur feront enlever l’extrémité du clitoris… » Elle ajoute : "J’ai une demande grandissante de la part de la classe dirigeante…les hommes peuvent avoir 4 femmes et beaucoup de concubines… Il est devenu à la mode pour un homme riche de faire exciser ses femmes…Beaucoup de clercs musulmans pensent que le rôle de la femme est d’amener du plaisir à son mari et de porter ses enfants, sans recevoir de plaisir…, surtout s’il s’agit d’infidèles…comme des Balkans, la Russie, la Grèce, la France, l’Irlande et la plupart de l’Europe… d’Amérique et d’autres pays.

La Scandinavie est très populaire. Jeunes, jolies, stupides… Beaucoup d’étudiantes. Elles sont faciles à obtenir…Certains riches partent en « tournée de chasse » comme ils disent. Ils séduisent une proie…elle disparaît totalement dans un harem et personne n’entend jamais plus parler d’elle. De nombreux princes plus âgés emploieront un recruteur… Leurs gouvernements n’en ont rien à faire, ils ne s’intéressent qu’au pétrole… L’excision les calme … Une fois dans le royaume, la fuite est tout sauf possible. Les femmes ne peuvent voyager en Arabie Saoudite sans être accompagnées par un homme. Les femmes ne peuvent conduire. Une femme égarée sera retournée à son maître par la police religieuse. Un marquage au fer avec les insignes de la demeure définit à qui la femme appartient. J’ai visité quelques harems pour pratiquer sur place des excisions… Ce sont des bâtiments ultramodernes. L’un de ceux que j’ai visités était entouré d’un mur lisse de 4, 5 mètres avec des clôtures électriques au-dessus, entourant un jardin. Au milieu, le palais du harem. Fenêtres à barreaux, pas de téléphone, pas de télévision. Des caméras partout. Les concubines portent des colliers en or dotés d’un mécanisme de décharge électrique si elles s’éloignent un peu trop. Les colliers utilisent également une sorte de système de verrouillage électronique. Une fois placé autour du cou, il ne peut plus être enlevé sans un mot de passe sur ordinateur…" (7) La doctoresse précise que pour les prostituées et autres pécheresses, la police exige l’ablation totale de l’organe sans anesthésie. Et pour finir, elle évoque le cas d’une jeune anglaise de 19 ans qu’elle a excisé et marquée au ventre. Abigale, grande blonde, yeux bleus, très jolie, une paumée ou une naïve invitée à visiter le jet privé d’un prince saoudien. Kidnappée sans passeport pour être offerte en cadeau au vieil oncle âgé de 80 ans. Et dire que c’est l’Angleterre qui a offert les Lieux Saints aux Ibn Saoud.

Comme la France, l’exclusivité d’un désert imbibé d’or avec les couleurs de l’arc-en-ciel à la Régence d’Alger. Seulement, question traite, deux sont de vraies expertes historiquement parlant : l’Angleterre et la Régence. Pour favoriser l’expansion de son Empire, la première, encouragée par ses économistes, n’a pas hésité à puiser dans le cheptel local du 17e au 18e siècle avec des centaines de milliers d’esclaves blancs notamment irlandais. Moins hypocrite dans sa brutalité, la France a décapité son roi afin d’actionner l’échafaud pour se muer en République. Ce qui fait dire à Churchill : "L’Angleterre est une nation qui s’écroule dans l’ordre ; la France, une nation qui se relève dans le désordre." Quant à la Régence, elle se situe dans une normalité quasi-arabe.

L’anthropologue et historien sénégalais Tidiane N’Diaye dans Le Génocide Voilé écrit : "Alors que la traite transatlantique a duré 4 siècles, c’est pendant 13 siècles sans interruption que les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne." Les janissaires y ont ajouté la Méditerranée à la Régence. "…outre les esclaves amenés de force, elle attire les mauvais garçons de toute l’Europe et leur doit sa connaissance des techniques de navigation modernes et donc sa dangerosité…parmi ses grands capitans, Simon Dansa est né à Dordrecht et marié à Marseille ; Jans Janszohn, alias Mourad Rais, né à Harlem, a des femmes des deux côtés de la Méditerranée… " Sans oublier les Berbères que la traite des Béni Hilal a poussés vers les montagnes, loin des turpitudes de la mer. Des Autochtones maudits qui ne savent ni attaquer ni se défendre simplement fuir ou se laisser manipuler à fond. À l’âge de la pierre, ils pouvaient assurer leur pain, celui de la Régence et de la France du temps de sa splendeur. Quel gâchis de les envoyer en Arabie pour apprendre la razzia d’origine, l’Afghanistan pour manier des armes modernes et leur fournir l’argent des Saoudiens pour financer le « rival » du FLN, le FIS. Pour revenir tuer n’importe qui y compris leurs frères et faire hara-kiri avec l’honneur de leurs sœurs. Dortiguier, qui a eu la chance d’accéder aux archives avant l’avènement du Web qui, dit-il, a l’avantage de brouiller la source, a une autre version du fameux « coup d’éventail ». D’après lui, la France a payé les céréales dans les délais et le Dey n’a pas rechigné à les livrer, seulement aucun des deux n’a reçu ni blé ni argent. Le grain de sable, les frères Bacri, d’origine italienne, experts dans le coulage des navires pour extorquer les Assurances. De simples pirates comme les frères Barberousse, tous rescapés de l’Empire napoléonien et ottoman. Les raïs de la Régence ne pouvaient tenir tête pendant plus de 3 siècles à l’Europe si leur savoir ne venait pas d’elle. Comme hier, la Régence reste une cité interdite sur son île électrifiée tel un palais d’émir saoudien esclavagiste. Comme hier, le savoir mafieux est là avec un autre scénario et les mêmes acteurs prêts à s’envoler après avoir coulé le navire... La traite a du bon, puisque, on estime que le 1/3 permet l’agriculture à bon marché qui permet au bougnoul de remplir son ventre de malbouffe et diminuer ainsi son espérance d’une vie tout sauf rose . Quant à l’exploitation sexuelle, devenue industrie depuis la guerre du Vietnam, elle remplit la caisse du maitre. Ce conflit qui a vidé de son or le trésor américain et inauguré la planche à billets que s’apprête l’Algérie à mettre en marche. Quel autre gâchis quand le Vietnam d’aujourd’hui compte sur le faucon yankee pour le protéger du tigre chinois… « Chercher la femme ! », et vous résoudrez n’importe quel problème. Dans son livre La Femme mystifiée ll, Betty Friedan, s’étonne que dans les années 50, un vendeur pouvait toucher jusqu’à 1 million de dollars/ an pour se livrer à des manipulations psychologiques afin que la ménagère de moins de 50 ans remplisse les caisses que la paix a vidées. Que s’est-il passé au pays de la plus belle Constitution pour passer du porte-monnaie de la ménagère au corps de la fille ?

"Entre 1945 et les années 1970…les Américains les plus aisés se sont enrichis à un rythme presque identique à celui de leurs compatriotes des classes inférieures et moyennes. Des ouvriers d’usine aux PDG, les Américains ont vu leurs revenus doubler. Mais, à la fin des années 1980 ? La situation a radicalement changé, les revenus des riches atteignant des sommets alors que le reste du pays restait à la traine."(8) Le même phénomène s’est produit ailleurs notamment en Algérie avec octobre 88 et cetera. Quand l’Amérique s’enrhume, la planète s’asphyxie. On l’a compris, ce n’est pas la misère qui mène à la traite, mais l’injustice. Certaines victimes renaissent de leurs cendres en s’alliant au bourreau. Quant aux autres, c’est l’expérience du bain qu’on chauffe progressivement pour ébouillanter la grenouille en douce. Quand elle s’aperçoit du danger, c’est trop tard, la trahison viendra du corps esquinté… En 2002, les féministes s’allient aux chrétiens évangéliques pour pousser le président Bush à créer au sein du département d’État une alerte planétaire à la traite. C’est ainsi qu’en 2007, 16 pays furent épinglés parmi eux l’Algérie, le Bahreïn, le Koweït, Oman et le Qatar. Tous des pays amis, impossible de les sanctionner comme une Corée du Nord. On ne sait pas comment se fait la traite chez nous, est-ce avec les « petites bonnes » envoyées en Arabie saoudite, la traversée migrante d’un désert post-Kadhafi, les assistées, les malades mentales, les fugueuses, les orphelines, les nées sous X ou qui enfantent sous X, les non vierges certificats officiels à l’appui, le million d’enfants traumatisés par la décennie noire et leurs rejetons… ou l’addition de toutes ces plaies ? Le plus terrible, c’est les enfants, en danger mental, s’ils survivent ils deviennent des janissaires avec la technique en plus.

La mode du jeunisme matraqué par les mass-médias 24h sur 24h les a mis en lumière avec princesse Barbie et soldat Rambo. De plus, en plus convoités pour le sexe, la mendicité, le vol d’organes... Aux USA, on les appelle les enfants du crack, nombreux dans les pays corrompus et en faillite. Dans l’Homme révolté Camus écrit : « L’année 1878 est l’année de la naissance du terrorisme russe. Une très jeune fille…, au lendemain du procès de 193 populistes,…abat le général… gouverneur de Saint-Pétersbourg… Ce coup de revolver déclenche une cascade de répressions et d’attentats, qui se répondent les uns aux autres et dont on devine déjà que la lassitude, seule, peut y mettre fin. La meme année, un membre de la Volonté du Peuple…met la terreur en principes dans son pamphlet Mort pour mort. Les conséquences suivent les principes… À partir de là, le 19e siècle se couronne de meurtres… » Idem pour l’Europe… Le « populiste » et le « tsar » se sont associés pour le meilleur. La très jeune fille née peureuse, à défaut d’être martyre, est marchandise martyrisée par les deux. L’Homme révolté est mort lâche et cocufié. Dans Psychologie.com, on nous explique que l’humanité est le résultat du conflit entre les pulsions et les interdits. Le maitre peut satisfaire toutes ses pulsions jusqu’à prendre l’autre pour esclave. C’est un narcisse, un amoureux de soi. Quant à l’autre, c’est un amoureux de l’humanité. Cet idiot s’interdit tout et peut être interdit de tout y compris de sa liberté. Le premier assouvit tous ses désirs pour bafouer la morale humaine. Le second, les frustre pour la respecter. Enfin, on avoue que la psychologie s’est trompée de malade. Au lieu de soigner Narcisse, elle soigne Névrosé. Cela explique la déshumanisation du monde avec le culte de la personnalité du système marchand jusqu’à mettre des Narcisse à la tête de toutes les démocraties. D’après Montesquieu, « pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir…arrête le pouvoir. » On peut rêver d’un Narcisse arrêtant Narcisse, mais la logique, c’est Névrosé qui hurle : stop ! Seulement, le « toubib » continue à le prendre pour un malade et avec son sang perfuse son vampire. C’est la redoutable méthode Coué sur des nerfs laminés. La traite a de l’avenir et cela ne se résume pas à un « désenchantement du monde » du sociologue Max Weber, mais au cri du philosophe Nietzsche : "Dieu est mort ! C’est nous qui l’avons tué."

Mimi Massiva

Notes

6 : L’Essor du trafic d’êtres humains (Courrier International 28/05/2008)

7 : De l’excision et de la traite des blanches en Arabie Saoudite (site intinctdesurvie.com)

8 : L’Amérique qui tombe (Arianna Huffington)

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