Ahmed Ouyahia et la méthode Coué

Ahmed Ouyahia ou l'art de l'esbroufe.
Ahmed Ouyahia ou l'art de l'esbroufe.

En guise de plan d’action inspiré du programme présidentiel , le nouveau Premier ministre Ouyahia s'attachera plus à amortir l’effondrement de l’édifice institutionnel et atténuer les conséquences désastreuses de la crise financière dans laquelle le système politique qu’il représente nous a enfoncés qu’autre chose.

Pour parer au plus pressé, il tentera en premier lieu de frapper l’inconscient collectif en ne cachant pas la situation catastrophique qui s’annonce pour mieux lui faire avaler la pilule placebo des prochaines mesures d’austérité qui viendront entamer ses dernières illusions d’une meilleure vie qu’on ne cessait de lui promettre. Comme dans la méthode Coué, en grand maître avisé il va jouer sur l’imagination des populations pour leur faire accepter et positiver tout ce qu’il leur a concocté dans son prochain plan d’action, un plan de sauvetage basé beaucoup plus sur l’autosuggestion et un grand renfort d’amulettes que lui seul sait en dispenser dans les moments difficiles. N’a-t-il pas par le passé laisser faire les jeunes dans le commerce informel des trottoirs pour leur permettre soi-disant de s’émanciper ? Idirou tawil ! Disait-il. Des emplois précaires de saltimbanques qui les faisaient vivre d’expédients, sans couverture sociale et sans avenir.

Pour empêcher une prise de conscience collective sur les causes réelles qui nous ont menées à cette situation et éviter que l’on fasse le procès des responsables de cette crise, le nouveau Premier Ministre déploiera des tas de raspoutineries et de subterfuges pour retarder le chaos qu’ils tenaient à nous faire éviter depuis le début de ce quatrième mandat et faire croire, comme ils savent bien le faire, à un semblant de stabilité politique, économique et sociale qui les arrangent sur tous les plans.

Une crise financière qui plane apparemment en dehors des remparts du royaume, une crise qui ne les concerne ni de près ni de loin, tant qu’il y aura encore des souffre-douleurs, des sous-prolétaires et des applaudisseurs encartés qui se contenteront de peu et qui encaisseront les coups que viendra leur porter ce plan d’austérité qui mettra fin aux objets d’aliénation de ces populations auto-satisfaites qui se consoleront encore de hamdoulilahs (merci mon Dieu !) à profusion enchantées de leur misère qui se passe bien.

Hellal Khelaf

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Atala Atlale

Le financement non conventionnel me rappelle un peu les gaz non conventionnels. Le schiste.

Les deux sont dangereux et risqués. Pour le premier il s'agit d'émettre des billets de banque sans contre partie, et pour le second, il menace notre terriblement notre nappe phréatique, c'est à dire qu'une fois l'eau polluée par toutes sortes de produits chimiques, notre désert n'aura plus cette eau indispensable pour faire face à une éventuelle famine dans le pays. Voilà où nous en sommes, c'est un peu la roulette russe. Nous avons eu affaire non à des responsables mais à de vrais flambeurs de casinos ! Seulement Ils n'ont pas joué leur argent mais celui de tous les Algériens.

Enfin, demandez à ce comédien jouant parfois au Raspoutine parfois au Tartuff s'il accepte un débat télévisé avec certains économistes sérieux, je ne citerai pas de noms.

il a pris l'habitude de pérorer devant un micro face à un auditoire acquis et préparé pour jouer aux figurants toute ouie. Sans contradicteurs c'est facile mais pas honnête du tout, c'est gagner une fausse bataille que d'agir ainsi Monsieur. On voudrait voir vos talents réels de politique, allez relevez le gant ! Sinon ce ne serait qu'une tartufferie de plus...