Six universitaires et intellectuels appellent à destituer le président Bouteflika

Le président Bouteflika est dans l'incapacité de diriger le pays, estiment ces signataires.
Le président Bouteflika est dans l'incapacité de diriger le pays, estiment ces signataires.

Ils estiment que sa santé ne lui permet plus d'exercer ses fonctions. Ils appellent à l'organisation d'une présidentielle anticipée.

Dans une tribune publiée jeudi dans El-Watan, les sociologues Mohamed Hennad, Aissa Kadri et Ratiba Hadj-Moussa, l'historien Daho Djerbal, l'écrivain Mustapha Benfolid et le journaliste Cherif Rezki, demandent une "élection présidentielle anticipée au cours des mois à venir".

Depuis 2005, l’état de santé du président A. Bouteflika ne cesse de se dégrader. A l’évidence, le Président n’exerce plus ses fonctions constitutionnelles de manière effective, soutenue et transparente. Il n’est plus en mesure de recevoir dignement ses homologues étrangers, et il n’effectue plus de voyages officiels hors du pays. Pour rappel, un certain nombre de visites de chefs d’Etat étrangers ont été annulées. Et aucune rencontre ne semble programmée dans les mois à venir !", constatent les signataires. Puis d'avertir : "Cette situation, porteuse de grands périls, interroge aussi bien dans le pays que dans le monde. Evidemment, l’entourage du président Bouteflika continue de faire dans la gesticulation, affirmant à chaque fois que celui-ci jouit toujours de ses capacités pour gouverner (même au-delà de 2019 !) et relayant ses prétendus instructions, messages et échanges épistolaires et téléphoniques."

Le constat est connu de tous les Algériens. Ces intellectuels se font les porte-parole d'une opinion brimée.

"Sur le plan extérieur : notre pays se trouve marginalisé en dépit des gesticulations de son appareil diplomatique. Il devient l’objet de rapports intéressés, établis par des puissances étrangères faisant part, dans un langage plus ou moins diplomatique, d’un certain nombre d’inquiétudes quant à la dérive de l’Algérie vers un Etat failli ! Sur le plan intérieur : l’Algérie, tel un bateau ivre, vogue au gré de décisions erratiques et contradictoires. La corruption a atteint un seuil tel qu’elle affecte tous les secteurs de la vie économique et sociale du pays", observent-ils.

"Nous, universitaires et intellectuels, conscients des périls qui guettent notre pays et refusant leur inéluctabilité, appelons les forces politiques et sociales représentatives de la nation et toutes celles et ceux qui veulent éviter que le pire n’advienne, de prendre leurs responsabilités pour faire valoir la nécessité d’organiser, dans la transparence, une élection présidentielle anticipée au cours des mois à venir. Il va sans dire que les initiateurs de cet Appel sont loin de croire qu’une élection présidentielle anticipée constituera la solution à l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays. Il y a urgence de sortir de ce statu quo mortifère. La raison voudrait que le pays aille vers une Constituante, avec une période de transition consensuelle", proposent-ils.

Depuis quelques mois, le président Bouteflika ne reçoit plus personne dans sa résidence ultra-secrète de Zéralda. Plusieurs visites ont été annulées. Et même les ambassadeurs de pays étrangers ne sont plus reçus par le président comme de tradition. Par ailleurs, une grave rupture de confiance en ce pouvoir a gagné de larges couches de la société. D'où les nombreuses voix qui s'élèvent pour dénoncer la prise en otage du pays par un clan et la mise en danger de l'avenir de plusieurs générations d'Algériens.

La rédaction

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Commentaires (9) | Réagir ?

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Atala Atlale

S'il vous plaît ne demandez pas à Messieurs Soufiane Djilali ou Boukrouh - dont l'engagement et le courage ne sont plus à démontrer - de faire plus ou de se sacrifier pour les autres, ces derniers ne semblent pas trop concernés par la chose. Alors que ces autres assument tout ce qui peut advenir après !

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urfane

et v'la que des intelecteux des gens qui s'autorisent nous gavent de : Bou kaka de mes deux ne reçoit plus personne, ne fait pas ceci, ne fait pas cela, etc, etc.. mais refusent obstinément (un euphémisme) d'appeler les choses par leurs noms : un régime illégitime qui doit partir, point.

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Kichi Duoduma

Céline a écrit à propos d’un personnage dans “Voyage au bout de la nuit” : « Il avait le vice des intellectuels, il était futile. »

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