Attaques de Catalogne : Younès Abou Yaaqoub traqué par les polices européennes

Younès Abou Yaaqoub
Younès Abou Yaaqoub

Younès Abou Yaaqoub, considéré comme le dernier suspect encore en fuite dans l'enquête sur les attentats djihadistes de Barcelone et de Cambrils, pourrait avoir franchi la frontière et gagné la France, a déclaré dimanche le chef de la police de Catalogne.

"Nous n'avons pas d'informations spécifiques sur ce sujet mais cela ne peut évidemment pas être exclu", a répondu Josep Lluis Trapero, interrogé sur cette hypothèse lors d'une conférence de presse à Barcelone.

La frontière française est à moins de deux heures de route de la capitale de la Catalogne. Les contrôles y ont été immédiatement renforcés après l'attaque de jeudi après-midi, a précisé Trapero.

Marocain de naissance âgé de 22 ans, Younès Abou Yaaqoub est le dernier membre toujours dans la nature de la cellule djihadiste à l'origine des attaques à la voiture bélier revendiquées par le groupe Etat islamique qui ont fait au total 14 morts et plus de 100 blessés jeudi dans l'après-midi à Barcelone puis tard dans la soirée à Cambrils, une station balnéaire située à 120 km au sud de la capitale catalane.

Sur les onze autres, quatre ont été arrêtés, cinq ont été tués par la police dans l'attaque de Cambrils et deux auraient trouvé la mort - la police n'est pas encore en mesure de le confirmer formellement - dans l'explosion d'une maison à Alcanar, où des bonbonnes de gaz ont été découvertes.

Les enquêteurs considèrent que ces bonbonnes de butane devaient servir à des attentats de plus grande envergure mais que l'explosion accidentelle, la nuit précédant les attaques de Barcelone et de Cambrils, a contraint la cellule djihadiste à revoir à la hâte leur projet et à se replier sur des attaques plus "rudimentaires".

D'après des médias espagnols, Younès Abou Yaaqoub est l'homme qui conduisait la fourgonnette de Barcelone et qui a pris la fuite à pied après avoir immobilisé son véhicule.

Le chef de la police catalane s'est dit dans l'incapacité de le confirmer mais les enquêteurs estiment que l'hypothèse la plus vraisemblable est qu'un seul individu se trouvait à bord de la camionnette qui a foncé sur les Ramblas jeudi après-midi, faisant 13 morts et une centaine de blessés.

La mère d'Abouyaaqoub, Hannou Ghanimi, a appelé son fils à se livrer aux forces de police, déclarant à des journalistes qu'elle préférait le voir en prison plutôt que mort.

CONNEXION PYRÉNÉENNE

Comme après chaque attentat, la police espagnole s'attache à déterminer comment s'est constituée la cellule djihadiste et quels ont été les mécanismes de radicalisation de ses membres, marocains pour la plupart et tous inconnus des services antiterroristes avant leur passage à l'acte.

L'enquête se concentre sur Ripoll, une petite commune de 11.000 habitants au pied des Pyrénées, à deux heures de voiture de Barcelone, à trois quarts d'heure de la frontière française. La maire adjointe, Maria Dolors Vilalta, a précisé que la ville comptait une communauté marocaine d'environ 700 personnes, arrivées ces vingt dernières années pour travailler dans la métallurgie.

Un grand nombre des membres présumés de la cellule y vivaient, dont Abdelbaki Es Satty, un imam qui a quitté la ville deux jours avant les attaques, selon le propriétaire de l'appartement où il vivait. Le logement qu'il occupait a été perquisitionné vendredi soir. Des documents portant des noms à consonance française de même que des numéros de téléphone et des adresses électroniques ont été découverts.

Selon les médias espagnols, Es Satty, qui aurait trouvé la mort à Alcanar, était sans doute le chef de la cellule, celui qui a endoctriné ses membres.

Une autre piste conduit en Suisse. Deux des membres de la cellule, Youssef Aallaa, qui a peut-être péri dans l'explosion à Alcanar, et Mohamed Hichamy, tué à Cambrils, se sont rendus en décembre dernier à Zurich, selon un document de la polie espagnole diffusé par des médias espagnols.

Le quotidien suisse Tages-Anzeiger a rapporté que la présence à Zurich d'au moins un suspect avait été confirmée par la police suisse.

L'Espagne, qui n'avait plus vécu d'attaques aussi meurtrières depuis les attentats à la bombe de mars 2004, qui avaient fait 191 morts dans des trains de banlieue de Madrid, a annoncé samedi qu'elle maintenait le niveau d'alerte antiterroriste au niveau 4 sur une échelle de 5 et indiqué qu'il n'y avait pas de risque d'attentat imminent.

Les mesures prévues par ce niveau 4 ont cependant été renforcées, avec notamment une intensification de la présence des services de sécurité dans les zones de forte affluence touristique, notamment à Barcelone où une cérémonie d'hommage s'est déroulée dimanche dans la cathédrale de la Sagrada Familia en présence du roi Felipe, de la reine Letizia et du président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

Reuters

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